
La crise alimentaire en 2008 a mis en évidence la faiblesse de l'Afrique subsaharienne en matière d'agriculture. L'Afrique est en effet le seul continent où la production agricole par habitant a diminué ces trente dernières années. En cause, l'exportation de matières agricoles des pays du Nord et les politiques internationales mal adaptées.
Investir dans l'agriculture africaine: une nécessité pour les organismes internationaux
Les programmes d'ajustement structurels menés par le FMI, dans les années 80, ont négligé les investissements nécessaires dans le secteur agricole. "La part de l'agriculture dans l'aide au développement est ainsi passée de 17% à 3% au cours des vingt dernières années" selon le directeur général de la FAO M. Jacques Diouf.
En 2007, la crise alimentaire qui a frappé de plein fouet le continent, a eu pour effet "une augmentation de 24 millions du nombre de personnes en Afrique sub-saharienne souffrant de faim chronique", a-t-il indiqué, affirmant que "parmi les 36 pays affectés par la crise alimentaire dans le monde, 21 sont africains".
Pour la FAO, tout comme pour l'OCDE, il est donc urgent de soutenir l'agriculture en Afrique et de mettre l'accent sur l'accroissement des cultures vivrières.
Le FMI et la Banque Mondiale l'ont bien compris: l'activité agricole des pays en développement est entrée au centre des priorités. Le président de la Banque Mondiale, l'Américain Robert Zoellick évoque ainsi la nécessité d'un « New Deal » alimentaire à l'échelle mondiale et son organisation prévoit de doubler ses prêts agricoles en Afrique, en les portant à 800 millions de dollars, pour l'année 2009.
L'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (la FAO), quant à elle, a présenté un programme d'investissements de 65 milliards de dollars pour la "maîtrise de l'eau" en Afrique, en vue d'exploiter les potentiels agricole et énergétique du continent.
Par ailleurs, la commission européenne a adopté le 30 mars 2009, une série de projets d'un montant d'un milliard d'euros pour soutenir l'agriculture et améliorer la sécurité alimentaire dans 23 Pays en développement. A mi-chemin entre l'aide d'urgence et la coopération au développement à moyen et long terme, ce projet de "Facilité Alimentaire" a vocation de soutenir la "révolution verte" prônée par Kofi Annan, le président de l' Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA).
La France, quant à elle, via l'Agence Française de Développement vient de créer, le 15 avril, 2009, un nouveau Fonds d'Investissement pour l'Agriculture en Afrique (FIAA) en partenariat avec la Banque Africaine de Développement, le Fonds International de Développement Africain et l'AGRA. Il devrait être doté d'un budget de 80 millions d'euros et atteindre 500 millions d'euros d'ici quelques années.
Augmenter les surfaces cultivées
Objectif commun de ces initiatives: augmenter les surfaces arables utilisées, et surtout d'en augmenter le rendement.
Pour accroître la production agricole, l'augmentation des surfaces et celle des rendements sont nécessaires. Selon la FAO, près de 210 millions d'hectares sont cultivés en Afrique, alors que plus de 1 milliard pourrait l'être, dont 400 millions d'hectares de très bonnes terres. Cette révolution verte nécessite également une infrastructure rurale minimale. Chaque village devrait disposer d'un véhicule pour y apporter l'engrais et pour emporter les récoltes aux marchés. De nombreux villages africains sont, en effet, complètement isolés, et donc encore incapables d'acheter les éléments nécessaires à la production ou de vendre ce qu'ils produisent. Ces aides au développement devraient donc prévoir et garantir l'accès pour les paysans à un peu plus d'engrais, de produits phytosanitaires, de routes en bon état, de moyens de transformation, de crédit, de conseils et d'assurance.
Car "le secteur vivrier ne se limite pas aux producteurs agricoles stricto sensu. Il concerne également un très grand nombre d'activités permettant d'assurer la connexion entre les producteurs et le marché. Ainsi, les activités de transformation agroalimentaire (extraction d'huile, broyage des céréales ou des racines et tubercules, séchage du poisson, etc.), de commercialisation et de distribution, doivent être développées. D'après l'OCDE, c'est, d'une part, grâce à ce secteur que les produits circulent, sont acheminés vers des marchés, sont stockés, adaptés à la demande des consommateurs et leur sont distribués. C'est, d'autre part, par l'intermédiaire de ces activités que les incitations du marché sont transmises aux producteurs, en termes de quantité, de qualité et de prix requis".
Les principaux acteurs de cette "révolution verte" sont la FAO, le Programme Alimentaire Mondial, le Fonds d'Investissement pour le Développement en Afrique et l'Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA). Le PAM s'attachera à dynamiser les marchés agricoles africains, en achetant plus de produits. Le FIDA devrait se concentrer sur l'augmentation des capacités de productions des petits exploitants agricoles et le renforcement de leur accès au marché mondial. Enfin, la FAO et l'AGRA devraient améliorer l'accès aux intrants que sont les engrais et les semences.
Sources : Site de la F.A.O , Site de l'OCDE





