APA-Montréal (Canada) Le vice-président honoraire du Conseil mondial de l’énergie, le sénégalais Alioune Fall a déploré la faiblesse de l’interconnexion des réseaux électriques en Afrique, au cours d’une communication présentée lors de la Conférence économique internationale de Montréal qui vient de s’achever.
Alioune Fall a fait référence à la faible valorisation du potentiel hydroélectrique, au coût élevé de l’électricité, à la persistance de diverses sources d’inefficacité (niveau élevé des pertes, faible taux de recouvrement etc).
Selon l’expert sénégalais, un tel tableau est paradoxal du fait de la disponibilité énorme des ressources énergétiques en Afrique. Le continent noir détient 8,9 % des réserves mondiales de pétrole, 7,6 % des réserves de gaz naturel, 6% des réserves de charbon, et des énergies renouvelables (solaire, biomasse et ressources hydrauliques) estimées à 1888 TWh par an.
A titre d’exemple, la consommation énergétique africaine représente seulement 6% de la consommation électrique des pays industrialisés.
Alioune Fall a souligné que les défis de l’intégration énergétique à travers l’interconnexion sont d’offrir un marché de taille critique pour les grands projets, de garantir l’accès des nations défavorisées à une énergie bon marché, et de diminuer le coût de l’énergie à partir de l’accès à une production plus compétitive et à une réduction des réserves de puissance.
Tout de même des expériences de coopération énergétique ont été saluées par Alioune Fall. Il s’agit notamment en Afrique australe des interconnexions (Afrique du Sud et Mozambique ; Afrique du Sud et Namibie ; Afrique du Sud et Zimbabwe via le Botswana et via le grand barrage de Cabora Bassa au Mozambique.
En Afrique Centrale, on retient les lignes d’interconnexion RDC-Rwanda-Burundi ; entre la RDC et le Congo Brazzaville; la ligne 220 kV RDC-Zambie. En Afrique de l’Ouest, des exemples sont notés (Mali-Sénégal-Mauritanie ; Côte d’Ivoire-Burkina Faso ; Côte d’Ivoire-Ghana-Togo-Bénin ; Nigeria-Niger).
En dehors de ces réalisations, on peut retenir un portefeuille de projets très importants sur l’ensemble du continent. D’énormes investissements accompagnent ces réalisations.
Le projet Southern Africa Power Pool (Sapp) qui réunit la Zambie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud va coûter 11 milliard de US$ pour une capacité additionnelle de 13.507 MW.
Globalement, l’Agence internationale de l’énergie estime à 350 milliards USD le montant des investissements potentiels dans le secteur de l’énergie en l’Afrique pour les vingt prochaines années.
AKD/dmg/APA
2009-06-15 05:01:44

