La lutte contre la corruption fait partie des exigences des institutions de Bretton Woods. Elle est en effet au centre des programmes soutenus par les bailleurs de fonds internationaux dont elle constitue un des « déclencheurs ». Signataire des Conventions des Nations Unies et de l’Union Africaine sur la lutte contre la corruption, le Congo ne pouvait qu’adhérer à cette démarche.
Un premier pas a été franchi, avec la mise en place, fin 2005, d’une Commission interministérielle de lutte contre la corruption. Celle-ci doit en partie sa création aux recommandations d’une étude-diagnostic menée par le Haut Commissariat à l’éducation civique et morale et le Ministère chargé du contrôle d’État, créé en 1999 et supprimé en 2005, avec l’appui du Pnud, qui avait préconisé la mise en œuvre d’un plan national de lutte contre le phénomène.
La Commission nationale de lutte contre la corruption possède dorénavant des bureaux permanents à Brazzaville
Une nouvelle étape vient d'être franchie dans ce processus. La Commission nationale de lutte contre la corruption se dote d'un nouveau siège social. Installé dans un nouveau bâtiment, le siège de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, a été financé à hauteur de 36 millions de francs CFA.
La cérémonie de remise officielle de l'édifice s'est déroulée le 23 juin, dans l'enceinte de l'ex-ambassade de Cuba, en présence du conseiller spécial du Premier ministre. « La réception ce jour de ce modeste bâtiment met fin à l'errance de la Commission. La salle de conférence permettra à la Commission d'abriter ses assemblées plénières. Elle donnera assurément l'opportunité à tous ses membres de disposer d'un espace de travail dans l'espoir en ce qui les concerne de disposer plus tard de locaux plus fonctionnels », a déclaré Alphonse Nzoungou, président de la Commission.
Les travaux ont été réalisés grâce à l'appui technique et financier de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, de l'Union européenne, du ministère des Affaires étrangères et de la Francophonie.
« L'inauguration de ce bâtiment marque la détermination du gouvernement, sous l'impulsion du président de la République, Denis Sassou N'Guesso, d'émailler l'ensemble du territoire national d'infrastructures stables et viables, des structures qui permettront aux cadres de la Commission de travailler dans de bonnes conditions » a indiqué Rodrigue Morapenda, l'un de ses membres.
Le président de la République Denis Sassou Nguesso impliqué dans le combat pour la transparence et la lutte contre la corruption
La Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude a été mise en place par le gouvernement en novembre 2007, date à laquelle ses membres ont prêté serment devant le tribunal de grande instance de Brazzaville pour leur prise de fonction.
Dans un entretien accordé le 26 juin 2009 au magazine Jeune Afrique, Denis Sassou Nguesso réitère ses engagements pour lutter contre la corruption. Il rappelle que dans la matière, onze magistrats dont un membre de la Cour suprême du Congo ont été radiés pour corruption. Des agents du Trésor, en connivence avec des opérateurs économiques étrangers, ont également été sanctionnés pour corruption. Tous purgent aujourd'hui des peines de prison après avoir été jugés et reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Ces condamnations illustrent la volonté de l'état congolais d'éradiquer la corruption afin de mettre le Congo sur le chemin de la bonne gouvernance.

