APA-Niamey (Niger) L’envoyé spécial du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Président Burundais Pierre Buyoya, a rencontré samedi à Niamey, la société civile nigérienne qui se bat contre le référendum sur une nouvelle constitution, envisagé par le Président Mamadou Tandja, contre l’avis de la Cour constitutionnelle, a constaté APA.
« Avec la délégation de l’OIF, nous avons réitéré nos revendications pour un retour à l’ordre constitutionnel normal, notamment le retrait du référendum, l’abrogation de tous les actes présidentiels pris sous l’empire des mesures exceptionnelles ainsi que le rétablissement de la Cour constitutionnel » a dit Laouel Sayabou, le coordonnateur du Réseau des organisations pour la défense des droits humains et de la démocratie (RODADDH).
Les représentants de la société civile, a-t-il souligné, « ont été satisfaits de cette rencontre (…) nous sommes sur la même ligne d’appréciation avec l’OIF, à savoir le respect de l’alternance démocratique, en somme la gouvernance démocratique ».
Pierre Buyoya devait également rencontrer le Chef de l’État nigérien, Mamadou Tandja, auquel il va réitérer la position de l’OIF pour le respect des règles constitutionnelles.
Le Président Tandja a fixé au 4 août un référendum pour adopter une nouvelle constitution qui lui permettra d’exercer ses fonctions présidentielles jusqu’en 2012, alors qu’il devait se retirer du pouvoir au terme de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre, selon la Constitution actuelle.
Pour y parvenir, il a d’abord dissout le parlement avant de s’accorder des « mesures exceptionnelles » au terme desquelles il a décidé de gouverner par décrets et ordonnances. En même temps, il a modifié le code électoral et dissout la Cour constitutionnelle qui a déclaré ce référendum « non conforme à la constitution ».
Réagissant à ces actes, le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, a fait part de sa « très forte inquiétude » à propos de la situation politique au Niger et invité les dirigeants du pays au « strict respect de l’Etat de droit et au fonctionnement régulier des institutions ».
M.Diouf a exprimé « sa très forte inquiétude au regard de l’évolution de la situation politique au Niger » indiquant que la démarche entamée pour la révision de la Constitution par référendum, « a créé les conditions d’une crise avérée ».
Ex-colonel de l’armée de 71 ans, le Président Tandja justifie son projet par les « incessants appels du peuple » qui réclame un référendum pour lui accorder quelques années de plus en vue de « parachever » divers chantiers lancés dans le cadre de la construction nationale
« On est en train de vouloir que je recule (…) parce que l’opinion internationale veut que je le fasse, mais je ne le ferai jamais », a-t-il affirmé, ajoutant que « si le oui l’emporte je suis retenu (…) et si le non passe, je suis libéré » a-t-il lancé, au lendemain d’une rencontre qu’il eue avec une mission conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine et de la CEDEAO.
Cette mission avait exprimé à Niamey les « vives préoccupations» de la communauté internationale sur la situation politique au Niger, après avoir rencontré le Président Tandja ainsi que les responsables des partis politiques et associations du pays.
L’opposition a qualifié la tenue de ce référendum de « coup d’Etat » et appelé ses militants à « empêcher» son déroulement dans les huit régions du pays.
Après les condamnations de Paris, Washington, Ottawa et Berne, l’Union européenne, qui a déjà exprimé sa « plus vive préoccupation », a décidé de bloquer le versement d’une aide destinée aux dépenses de l’Etat nigérien. Le montant de cette aide s’évalue, selon des sources officieuses à une dizaine de millions d’euros destinés à appuyer le budget national.



