Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont servi de tremplin au développement de l’Asie. Le « green business » jouera-t-il le même rôle pour l’Afrique ?
L’idée est débattue depuis quelques années par de nombreux universitaires et son application concrète encouragée par toutes les agences internationales de développement. Agro-carburants, commerce équitable, éco-construction, aménagement durable à haute intensité de main d’œuvre, agriculture biologique ou énergies renouvelables, les opportunités de business vert sont en effet nombreuses.
Les forêts du Bassin du Congo valorisables à 194 milliards d’euros par an
Selon Thierry Téné, directeur d'A2D, un Conseil spécialisé sur le développement durable en Afrique, c’est de sa biodiversité et de son écosystème que le continent peut tirer le plus grand profit dans un premier temps. D’après lui, la Banque africaine de développement (BAD) doit initier une estimation économique du rôle de la forêt africaine dans le stockage du CO2, en prévision des négociations climatiques qui auront lieu en décembre 2009 à Copenhague (Danemark). Les stratégies des Nations Unies pour lutter contre le changement climatique ont en effet pour objectif de permettre aux pays en développement de recevoir des contreparties financières (crédits carbone) en échange de la préservation de leurs forêts primaires. Thierry Téné estime, par exemple, que les forêts du Bassin du Congo, troisième poumon écologique de la planète après l’Amazonie et l’Indonésie, seraient valorisables à 194 milliards d’euros par an, répartis entre l’Angola, le Cameroun, le Congo, la RDC, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad.
Ile Maurice, Ile Durable
L’écotourisme constitue un autre domaine dans lequel l’Afrique présente un potentiel d’exploitation immédiat. L’île Maurice, par exemple, a lancé un programme intitulé « Ile Maurice, Ile Durable », qui vise à adapter le pays aux exigences les plus avancées du développement durable.
L’objectif est d’attirer deux millions de touristes par an en mettant en avant les innovations écologiques des infrastructures hôtelières et la consommation rationnelle de l’espace, de l’énergie et de l’eau par les habitants de l’île. Hôteliers et promoteurs ont désormais l’obligation d’intégrer les critères de développement durable pour la construction de nouvelles résidences, ainsi que de procéder au reboisement de l’équivalence d’arbre détruits ou utilisés.
Gisements d’emplois verts pour l’Afrique
Le virage de l’Afrique vers le green business permettrait aussi, selon de nombreux spécialistes, de relancer la croissance économique sur d'autres continents notamment ceux confrontés à des fermetures d’usine. Le développement durable et la création d'éco-entreprises en Afrique offrent en effet de nombreuses opportunités d’affaires pour les entrepreneurs et les investisseurs. L’Afrique représente ainsi déjà 20% des exportations des deux principaux exportateurs d’éco-industries européens, la France et l’Allemagne, soit autant que l’Asie et davantage que le Moyen Orient et l’Amérique latine. Ces exportations s’accompagnent d’un transfert de technologie verte et génèrent des emplois locaux, qui s’ajoutent aux emplois verts créés depuis quelques années par le développement de l’éco-agriculture dans les zones rurales.

