APA-Niamey(Niger) Les directeurs de publication des journaux privés « Le Courrier » et « Canard Déchaîné », respectivement Ali Soumana et Abdoulaye Tiémogo, interpellés samedi, ont été gardés à vue, sur plaintes de hautes personnalités nigériennes, a appris APA dimanche de sources autorisées. Les deux journalistes ont été retenus pour deux nouvelles plaintes déposées contre eux respectivement par M. Garba Lompo, actuel ministre de la justice garde des sceaux et par la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDH/LF).
Ils étaient convoqués, en même temps que six de leurs confrères, au Commissariat central de Niamey pour répondre d’une plainte pour publication de documents sur une convention minière mettant en cause des proches du Président Mamadou Tandja.
Dans son édition parue cette semaine, « Le Courrier » a rapporté que la CNDH/LF aurait perçu une somme de plus de 300 millions FCFA pour superviser le déroulement du référendum constitutionnel du 4 août.
De son côté le satirique « Canard Déchaîné », dans un dossier intitulé « La République des dossiers », a accusé l’actuel ministre de la justice d’avoir touché des sommes évalués à plusieurs millions pour commanditer une étude sur l’esclavage au Niger, alors qu’il était président de la CNDH/LF.
Dans une déclaration publiée dimanche, le Collectif des organisations socioprofessionnelles du Niger, a condamné l’interpellation des huit Directeurs de publication et la détention préventive des deux journalistes.
Une tension sociopolitique est perceptible au Niger depuis l’annonce faite par le Président Tandja de régenter par décrets et ordonnances en vertu de pouvoirs exceptionnels qu’il s’est arrogés, au lendemain de la dissolution du parlement.
Tour à tour, le chef de l’Etat a modifié la loi électorale et dissout la Cour constitutionnel, qui a émis des décisions défavorables pour la tenue d’un référendum pour le 4 août et tendant à adopter une nouvelle constitution, qui lui permettrait de rester au pouvoir.
Samedi, huit responsables de journaux ont été convoqués à la police suite à une plainte pour diffamation déposée par le fils du Président Tandja, Hadia Toulaye Tandja, Ibrahim Hamidou et le notaire Abdourahamane Inazel.
Ces interpellations sont consécutives à la publication et au traitement par ces journalistes de documents relatifs à une affaire de pot-de-vin, d’un montant de 5 millions de dollars US en sus des 25% des parts d’actions, octroyés par la société « Niger Uranium Venture SA » à Hadia Toulaye Tandja, et Ibrahim Hamidou, directeur du Groupe Multimédia et Communication.
Deux journalistes nigériens en garde à vue à Niamey sur plainte de dignitaires du régime





