APA-Djibouti (Djibouti) Avec la recrudescence des actes de pirateries, au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden, la position géostratégique de Djibouti, n’a cessé de se confirmer et de s’affirmer, entrainant dans la foulée, un engouement sans précédent des pays occidentaux comme les Etats-Unis, la France , le Royaume-Uni, mais aussi des Etats asiatiques ( la Chine , le Japon, la Corée du Sud, etc) pour ce petit pays de la Corne de l’Afrique.
Face à la virulence des pirates, de nombreux pays ont envoyé des navires de guerre dans cette zone, principal axe maritime par où transitent chaque année, plus 30 000 navires marchands ainsi que le tiers du pétrole mondial.
La République de Djibouti consciente de ses atouts naturels a donc saisi l’occasion et a offert un appui logistique conséquent à ces Etats qui ont déployé un impressionnant dispositif militaire dans la zone piratée.
Qu’ils s’agissent des unités navales opérant dans le cadre de la mission européenne Atalante, du contingent des forces d’autodéfense du Japon, de la marine sud-coréenne ou bien des russes comme les chinois, tous sont unanimement reconnaissant à l’endroit du gouvernement djiboutien, soulignent les officiels djiboutien.
Diplomatie oblige, chacun de ces gouvernements a aussi dépêché des émissaires auprès des autorités djiboutiennes et ce depuis la montée en puissance de la piraterie dans l’océan indien et dans les eaux somaliennes.
D’ailleurs le dernier en date reste le ministre belge de la défense, Pieter De Crem qui s’est rendu au début de ce mois à Djibouti pour une visite de travail.
Durant son séjour sur le sol djiboutien, De Crem a non seulement eu des discussions avec son homologue djiboutien Ougoureh Kifleh sur le renforcement des relations bilatérales mais a aussi assisté à l’entrée en opération de la « Louise Marie », une frégate que la Belgique vient de déployer dans la région.
C’est la première fois que la Belgique déploie l'une de ses deux frégates de premier rang (169 marins à bords) dans la lutte contre la piraterie au large de la Somalie.
Qu’est ce qui a donc motivé ce petit pays de l’Europe qui n’a à peine que 30 528 km2 de s’immiscer davantage dans la coalition mondiale menée contre les pirates somaliens ?
A première vue, on évoquera son appartenance à l’Union Européenne et donc automatiquement son implication à la mission Atalante. Mais aux yeux des spécialistes, c’est l’ampleur que prennent les choses sur mer qui a certainement motivé le gouvernement belge de prendre cette décision.
La communauté maritime s’est alarmée devant l’urgence de la situation dans le golfe d’Aden et en Somalie: de seulement 21 actes de piraterie (tentés et réussis, détournements ou vols) en 2003, on est passé à 61 actes en 2009 sur un total de 102 à travers le globe, selon les chiffres fournis par le Bureau maritime international BMI).
En 2008, les pirates somaliens ont attaqué 111 navires marchands toujours d’après le BMI, sur un total de 293 attaques dans le monde. De ce total, 49 ont été détournés par ces mêmes pirates. Ainsi le nombre de bateaux attaqués connaît une hausse de plus de 200 % par rapport à l’année 2007.

