APA- Rabat ( Maroc) Le Maroc a accusé l’Algérie de favoriser la séquestration de milliers de Marocains dans les camps du Polisario, qui conteste la souveraineté chérifienne sur le Sahara, depuis fin 1975, rapporte samedi la presse marocaine. "L’Algérie a formé et financé des groupuscules armés pour aller tuer et kidnapper des innocents et a imposé au Maroc une guerre qui a figé le Maghreb depuis plus de trois décennies", a martelé, Omar Hilal, le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU à Genève. "Alger retient des milliers de Marocains depuis plus de trente années. Les populations séquestrées dans les camps de Tindouf sont des citoyens marocains, femmes, enfants et personnes vulnérables qu’Alger retient contre leur gré", a encore fait remarquer le diplomate marocain en raction à la sortie de son homologue algérien dans la même instance. Le diplomate algérien avait accusé le Maroc de " viloations" des droits de l’Homme dans le Sahara, lors de la 12 ème session de Conseil des droits de l’Homme à Genève. "La situation des droits de l’homme au Sahara marocain est mille fois meilleure que celle de l’Algérie où des violations des droits de l’homme continuent d’être enregistrées au quotidien",a répliqué le diplomate marocain. "Dans quel pays Amnesty International est interdite depuis 2005 ? C’est en Algérie et non pas au Maroc où elle dispose d’un Bureau. Dans quel pays Human Rights Watch a été interdite de visite depuis plusieurs années ? C’est en Algérie et non au Maroc où elle jouit d’un accès libre et permanent", a encore fait remarquer l’ambassadeur marocain. Rabat avait appelé l’Algérie, qui soutient le Front Polisario depuis fin 1975, à permettre aux instances internationales de "s’acquitter pleinement de leur mandat, en procédant au recensement et à l’enregistrement des populations des camps de Tindouf". En décembre dernier, l’ONG américaine Human Watch Right (HWR) avait estimé que l’Algérie a « failli à ses responsabilités s’agissant des violations des droits de l’homme commises par le Polisario sur un territoire algérien ». Le Polisario « marginalise » ses opposants à Tindouf et recourt au « chantage et à la terreur alimentaire », à l’égard des milliers de Sahraouis, martèle HWR qui avait appelé à soumettre les camps de Tindouf à un contrôle régulier des organismes internationaux des droits humains. Le Maroc évoque depuis des années la question d’environ 90.000 Sahraouis, qualifiés de « séquestrés » sur le territoire algérien sous l’autorité du Polisario. Depuis fin 80, des centaines de Sahraouis ont fui les camps de Tindouf pour rallier le Maroc. Rabat avait proposé un plan d’autonomie au Sahara pour sortir de l’impasse, vieille de 34 ans, ce que le Polisario rejette réclamant un référendum d’autodétermination jugé « inapplicable » par le Maroc, soutenu par une bonne partie de la Communauté internationale. En juin 2007, un processus de négociations a été enclenché, sous l’égide de l’ONU, sur le sol américain mais il peine à trouver un terrain d’entente entre les deux principaux protagonistes, le Maroc et le Polisario, appuyé par l’Algérie. Le cinquième round des négociations devrait être fixé de commun accord entre le Maroc et le Polisario.
Le Maroc accuse l’Algérie de séquestrer des Marocains dans les camps du Polisario





