Promouvoir le développement du crédit-bail comme un mécanisme de financement alternatif pour les entrepreneurs en Afrique sub-saharienne. C’est l’objectif du programme Africa leasing facility présenté à l’occasion de la 3eme édition du Salon de la finance et de l’investissement qui a réuni des banquiers, des assureurs, des chefs d’entreprises et des institutions de la micro finance du 20 au 22 octobre à Dakar, au Sénégal.
Ce programme a été conçu par la Société Financière Internationale (SFI), une filiale de la Banque Mondiale spécialisée dans le financement du secteur privé. Il est exécuté dans le cadre du Partenariat pour l’Entreprise Privée en Afrique (PEP-Afrique), une des principales initiatives de la SFI pour fournir des services-conseils en Afrique sub-saharienne.
Un outil de financement pour les petites et moyennes entreprises
Le crédit-bail est une technique contractuelle par laquelle une entreprise (le crédit-bailleur) acquiert sur la demande d'un client (le crédit-preneur) la propriété de biens d'équipement à usage professionnel en vue de les donner en location à ce dernier pour une durée déterminée en contrepartie d’une redevance mensuelle. Le crédit-bail permet ainsi aux entreprises d’investir dans des biens sans aggravation excessive de leur situation financière, leur bilan comptable étant en effet plus avantageux avec moins de dettes apparaissant au passif.
Mais pour la SFI, Africa leasing facility n’est pas seulement un outil de financement idéal pour les petites et les moyennes entreprises. Il doit également jouer un rôle essentiel dans la formalisation de l’économie et le développement du marché financier.
Améliorer l’environnement législatif, fiscal et comptable
La démarche de la SFI repose en effet sur l’idée que les entreprises privées ont besoin d’un cadre des affaires propice pour prospérer et contribuer à réduire la pauvreté. PEP-Afrique collabore ainsi déjà avec une cinquantaine de gouvernements africains pour rationaliser les procédures de constitution d’entreprises et les régimes fiscaux, et pour améliorer les droits de propriété dans le secteur privé.
Africa Leasing Facility reprend ce modèle et se décline en trois composantes principales :
- L’amélioration de l’environnement législatif, fiscal et comptable du crédit-bail
- La formation de crédit-bailleurs, de crédit-preneurs et des autres acteurs de l’industrie du leasing
- La mobilisation des investissements pour faciliter l’accès aux capitaux permettant de financer des opérations de crédit-bail.
Une vaste campagne d’information auprès des acteurs du marché et l’appui aux associations locales de crédit-bail viennent compléter ce dispositif qui, selon ses promoteurs, devrait contribuer à réduire l’impact de la crise financière internationale en Afrique sub-saharienne.
Le Ghana et la Tunisie ouvrent la voie
Le crédit-bail a déjà fait la preuve de son efficacité, notamment en Tunisie et au Ghana, tout deux présentés comme des modèles en matière de leasing lors du salon de Dakar. Au Ghana, le volume total du marché a atteint près de 30 millions de dollars en 2008 (contre 27 millions en 2006). Tous les secteurs de l’économie sont couverts mais c’est l’un des plus cruciaux, le transport, qui occupe 65% des financements.
La progression est tout aussi significative en Tunisie où le volume d’activités est passé de 700 millions de dollars en 2006 à 800 millions en 2008. Selon le directeur de la SFI, cette performance s’explique par l’acceptation par l’administration fiscale tunisienne du principe de transparence fiscale ainsi que par l’instauration d’une réglementation fiscale permettant la déductibilité des loyers de crédit-bail.

