Le reggaeman guinéen Jah Max Mara renverse tout sur son passage avec « Bulldozer »

27 novembre 2009 dans Culture, Dépêches, Société 86 vues

APA - Conakry (Guinée) - L'un des précurseurs de la musique reggae en Guinée, Jah Max Mara, s'apprête à célébrer la sortie officielle de son quatrième album intitulé « Bulldozer ».

Un album de onze titres dans lequel l'artiste, qui se dit engagé, dénonce les tares minant la société guinéenne et les individus freinant l'évolution du pays.

Initialement prévue le 21 novembre dernier à la plage de Taouyah, au centre ville de la capitale guinéenne, Conakry, la sortie officielle de l’album a été reportée à une date non encore fixée, le temps pour l'artiste de se préparer en conséquence pour un retour triomphal sur la scène musicale guinéenne, renseignent de bonnes sources.

Sur le choix du titre de son album, Jah Max Mara explique que le bulldozer est un appareil qui ramasse tout sur son passage.

« Mon album va dénoncer les tares de mon pays et toutes les mauvaises personnes qui freinent son évolution. Nous voulons maintenant que la Guinée avance, ainsi que l'Afrique. Tout frein à cela, le Bulldozer le ravage et le dénonce », a-t-il indiqué.

Pour mieux marquer son engagement, il a fait figurer une lance – pierre sur la pochette de l’album. « C'est une arme purement africaine, mais pour dire que je vise les ennemis de mon pays et de l'Afrique », explique Jah Max Mara.

Dans l’album, l'artiste guinéen a également composé un titre dénommé « le 22 janvier », en référence aux douloureux événements de janvier et février 2007 au cours desquels des manifestants hostiles au régime de l’ancien président guinéen, feu Lansana Conté, avaient été froidement tués à balles réelles par les militaires.

« Que l'on soit président, ministre, gendarme, directeur, policier ou militaire, aucun Guinéen n'a le droit de violenter ou de tuer banalement un autre Guinéen. L'intimidation doit cesser. Nos dirigeants doivent comprendre que ce pays a besoin d'avancer, après 50 ans d'indépendance et de retard », clame Jah Max Mara.

Poursuivant sur la même lancée, l'artiste fait remarquer : « les hommes en uniforme doivent comprendre que leur rôle est de protéger les populations en cas d'attaque extérieure, et non de les tuer », tonne-t-il.

Avant d’assener : « Notre armée doit se ressaisir, les citoyens doivent respecter la loi, eux aussi. C'est pourquoi j'invite les Guinéens à se donner la main pour que le pays avance ».

Auteur de l'album « Ninja », « Allahou Wahidoun » (entendez Dieu est seul), « Réveillez-vous » avec le coup de main de l'artiste malien Salif Keita, Jah Max Mara indique qu'il était incompris.

« Nous qui avions été les premiers à embrasser ce genre musical (reggae), on nous prenait pour des drogués, des bandits et des fous.

Nous étions des incompris puisqu'on dénonçait les tares du pays », se rappelle-t-il, soulignant qu’« aujourd'hui, le reggae guinéen commence à s'exporter ».

Jah Max Mara est l'un précurseurs du mouvement reggae en Guinée dans des conditions assez difficiles, puisque marquées par l'hostilité des pouvoirs publics, le mépris des autorités religieuses et l'immaturité de la jeunesse guinéenne.

Mais au fil du temps, d’autres artistes comme Daddi Cool, Alpha Wess, Mak Soul se sont engouffrés dans la brèche.

La nouvelle génération, constituée de Abdoul Jabbar, Elie Kamano et Takana Zion, commence à percer.



AB/mbt/APA
2009-11-29 15:17:00