A Copenhague, le Congo-Brazzaville s’est mobilisé pour la sauvegarde de la forêt primaire

22 décembre 2009 dans Développement, Développement Durable 301 vues

A la tribune de Copenhague, Denis Sassou Nguesso avait exhorté la communauté internationale à parvenir à un accord ambitieux. Selon ses propres termes : « le changement climatique est de toutes les menaces qui planent sur la terre, la plus perceptible et la plus évidente ».



Pourtant le Président Congolais et toute la société congolaise jugent mitigées les avancées en demi-teinte du sommet de Copenhague. Or, le Bassin du Congo, deuxième massif forestier au monde, régule tous les gaz à effet de serre dans les pays développés.

Les ONG congolaises ont invité la communauté internationale à prendre des décisions concrètes

La société publique congolaise, très sensible au réchauffement climatique, s’est manifestée à Copenhague, demandant « aux pays développés de surpasser leur égoïsmes afin de libérer les moyens financiers nécessaires pour sauver notre planète». Cette déclaration commune à laquelle s'étaient jointes de nombreuses ONG, demandait en substance aux chefs d’Etat africains d’adopter une position commune lors des négociations, afin de sauver le continent africain.

A l’instar de plusieurs dirigeants africains, le Président congolais Denis Sassou Nguesso est monté au créneau : « C’est l’histoire de l’humanité qui se joue à Copenhague parce qu’il s’agit de faire en sorte que le développement durable démarre avec l’Afrique, l’Europe, l’Amérique et l’Asie et que personne ne soit laissé au bord de la route ».

La voix du Congo-Brazzaville a été entendue

Un discours qui à été entendu par la communauté internationale même si les avancées concrètes sont unanimement jugées trop partielles par rapport aux fortes attentes suscitées par le sommet.

Ainsi parmi les dirigeants européens, s’est imposée l’idée que les pays du bassin congolais ne pouvaient pas entretenir seuls une forêt qui est le patrimoine de l'humanité. Il en va de l'intérêt de l'Afrique, mais également de l’Europe et de toute l’Humanité.

Pour le Président français Nicolas Sarkozy, la chose est claire : « nous voulons aider les pays du bassin du Congo, qui représentent la deuxième forêt du monde. Il s'agit d'un patrimoine de l'humanité, ... la façon la plus efficace et la plus économe de limiter les émissions de carbone, c'est de lutter contre la déforestation ». Ajoutant que « L'Europe et l'Afrique, c'est la même famille ... ce qui compte c'est le développement, la protection de l'environnement et une stratégie commune. »

Un engagement qui a le mérite d’exister

Parmi les avancées notables du sommet, la France et ses autres partenaires de l’Union européenne se sont engagés à apporter un financement immédiat. Nommé "Fast Start", ce plan  prévoit un montant de 10 milliards de dollars par an, de 2010 à 2012, pour aider le Bassin du Congo à mieux préserver son écosystème, qui s'étend sur une superficie de 20 millions d’hectares.

Pour Denis Sassou Nguesso, c'est un premier pas, mais les Chefs d’Etat doivent penser leurs efforts sur le long terme: « Il faut aller au-delà de 2012. Il faut voir au-delà », a-t-il expliqué.

Car l’enjeu dans la région est clair : avec 200 millions d'hectares, les forêts d'Afrique centrale constituent le deuxième poumon vert de la planète derrière l'Amazonie. La déforestation quant à elle contribue à hauteur de 20% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.