APA-Niamey (Niger) Les élections municipales de ce 27 décembre, boycottées par l’opposition et décriées par la Communauté internationale, ne suscitaient pas de grande affluence dimanche en début d’après-midi, selon le constat du correspondant de APA à Niamey, au sein de plusieurs bureaux de vote de la capitale nigérienne.
A l’école primaire Garbado, érigé en centre de vote à la périphérie est de Niamey, les membres électoraux s’ennuyaient du fait de la longue attente des votants qui ne se sont pas mobilisés comme lors du référendum controversé du 4 août dernier.
« Je suis venu voter, mais vraiment il n’y a pas d’affluence comme par le passé, je ne sais pas ce qui retient encore les gens, peut-être que ces élections n’ont pas beaucoup d’enjeux » a indiqué à APA Boulama Boubacar, un fonctionnaire.
A Boukoki, quartier populiste, réputé être le fief du Moden Loumana, le parti de l’ex Premier ministre Hama Amadou devenu opposant, l’on ne se bouscule pas également devant les bureaux de vote.
Selon Touram Boukar, un responsable de bureau de vote, « entre 8 heures et 15 h, nous n’avons pas encore 50 votants sur plus de 200 personnes ».
En revanche, selon la radio nationale, ces municipales ont suscité un « engouement » auprès des populations sortis « massivement » pour élire leurs représentants communaux, dans certaines régions du Niger.
Des observateurs affirment également, que le taux de participation pour ce scrutin se situerait probablement en dessous des 30 pour cent.
Dimanche, après-midi, aucun taux de participation provisoire n’était disponible, le vote se déroulant jusqu’à 18 et 19 heures, selon les localités de ce vaste pays, de 1.267.000 km2.
Quelques six millions de Nigériens sont attendus aux urnes pour élire plus de 3760 membres des 266 communes du Niger, au cours de ces élections convoquées en vertu de la nouvelle constitution qui permet au Président Mamadou Tandja de rester au pouvoir jusqu’en 2012, alors que son deuxième quinquennat devait expirer le 22 décembre dernier.
Samedi l’opposition a appelé à un « boycott massif » de ces élections qui constituent « un non événement », appel relayé par les sept centrales syndicales qui ont invité les travailleurs à ne pas se rendre aux urnes ce dimanche.
Quelque 49.914 candidats sont en lice pour siéger au sein de 266 conseils communaux, cinq ans après les premières élections municipales au Niger tenues en juillet 2004.
Ce scrutin ne sera pas reconnu par plusieurs partenaires du Niger ainsi que la Communauté internationale, indique-t-on.
Lors de récentes consultations avec l’Union européenne, premier partenaire au développement du Niger, les autorités de Niamey avaient envisagé les possibilités du report de cette élection, pour lequel le Président Tandja a appelé à « un vote massif ».
La CEDEAO, qui a suspendu de ses instances le Niger, a affirmé mardi constater la « fin légale » du mandat du Président Tandja, lequel avait vivement critiqué l’organisation régionale dont il déclare ne pas « voir l’intérêt d’y rester ».
Mercredi, Washington qui s’oppose au maintient au pouvoir du dirigeant nigérien, a officiellement suspendu son aide financière au profit de Niamey, imposant une interdiction de séjour aux USA aux hautes personnalités du Niger.
Des pourparlers sont actuellement en cours entre pouvoir et opposition sous l’égide de la CEDEAO à Niamey, pour trouver des solutions « consensuelles » devant aboutir à un éventuel partage du pouvoir, souligne-t-on.

