L’Afrique possède l’infrastructure la plus faible au monde. A peine un Africain rural sur trois a accès à une route praticable en toutes saisons. Plus de 20 % de la population de pays comme le Cameroun, le Ghana, la Mauritanie, le Niger et la Tanzanie doivent parcourir plus de 2 km pour atteindre leur principale source d'eau et les consommateurs africains paient pour leurs services de base deux fois plus que partout ailleurs dans le monde.
Or, un fonctionnement correct des infrastructures est essentiel pour la performance économique de l’Afrique. Dans un récent rapport intitulé “Infrastructure africaine : une transformation impérative”, la Banque mondiale estime que l'amélioration des infrastructures nécessite 93 milliards de dollars, dont près de la moitié sera nécessaire pour mettre à niveau la production d'électricité.
L'infrastructure constitue l'épine dorsale d'une économie moderne et ses insuffisances ralentissent visiblement la croissance économique
Dans son étude, la Banque estime que l’Afrique subsaharienne perd chaque année 2 points de pourcentage de sa croissance économique à cause du mauvais état de ses infrastructures comme les services d'électricité et d'eau, les routes et les services de technologie de l'information et de la communication (TIC).
L'accès à l'énergie est essentiel pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Aucun pays n'a pu développer son économie sans un apport abondant d'énergie. Aujourd'hui, les pannes de courant chroniques sont monnaie courante dans 30 pays du continent et seul un Africain sur quatre a accès à l'électricité. La capacité de production installée globale des 48 pays d'Afrique subsaharienne est de 68 gigawatts. Pas plus que celle de l'Espagne ! Les entreprises de nombreux pays africains indiquent que les contraintes électriques sont l'obstacle le plus important à la pratique des affaires.
Le Consortium pour l'infrastructure en Afrique (ICA), qui rassemble les pays industrialisés du G8, des agences de développement multilatérales et la Development Bank of Southern Africa (DBSA), estime que la médiocrité des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires augmente de 30 à 40 % le coût des marchandises échangées entre pays africains. Les frais de transport nécessaires pour faire parvenir les importations africaines aux clients situés à l'intérieur des terres sont supérieurs de 50 % à ceux des autres régions en développement à bas revenus.
Gazoduc ouest-africain et initiative du bassin du Nil
Ce problème figure aussi au cour du programme-cadre que constitue le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), qui prévoit à court terme des financements de 8 milliards de dollars pour des projets prioritaires destinés à favoriser l'intégration économique régionale et attirer les investissements à moyen et long terme nécessaires pour combler le retard.
Ces priorités comprennent le gazoduc ouest-africain pour transporter le gaz naturel nigérian vers les pays voisins et alimenter leurs centrales électriques, la modernisation et l'expansion des équipements de manutention de conteneurs de Mombasa, un port stratégique du Kenya, l'initiative du bassin du Nil destinée à renforcer la coopération régionale et la gestion conjointe de ce fleuve, le plus long du monde et qui traverse 10 pays, le renforcement des capacités de gestion et de planification des communautés économiques régionales pour assurer le développement transfrontalier des infrastructures. Car le mauvais état et la faible connectivité des réseaux de transport dans la majeure partie de l'Afrique ne permettent pas à nombre de pays de soutenir efficacement la concurrence sur le marché mondial.
L’Afrique rattrape petit à petit son retard
La Chine, l'Inde et quelques pays du Golfe participent de plus en plus au développement des infrastructures en Afrique subsaharienne. Leurs engagements d'investissement sont passés de moins d'un milliard de dollars américains par an, avant 2004, à 5 milliards de dollars en 2007.
Ces dernières années, l'Afrique a globalement bien amélioré son infrastructure : en 2006, près de 50 % de la population africaine vivait à portée d'un signal de téléphonie mobile GSM. Cinq pays africains ont déjà réalisé leur objectif du Millénaire pour l'accès universel à l'eau, et 12 autres sont en voie de le faire alors que près de 80 % du réseau routier principal africain est dans un état acceptable, voire en bon état

