L’essor de l’industrie minière africaine doit profiter à l’Afrique

28 janvier 2010 dans Economie, Matières Premières 401 vues

Le secteur minier africain en 2009 a dû faire face à d’importantes difficultés. L’effondrement de la demande mondiale et la chute des cours des minerais ont eu pour effet de stopper les projets d’investissements des compagnies minières sur le continent africain et de tarir la manne financière que l’exploitation du sous sol rapportait aux Etats.

L’année 2010 semble marquer la reprise économique du secteur. Hausse des cours des minerais, redémarrage de la demande chinoise… Les principaux indicateurs sont au vert pour redynamiser une activité affaiblie par la crise. Mais dorénavant, les pays africains veulent défendre leurs intérêts et tentent de négocier au mieux les contrats d’exploitation des gisements avec les compagnies internationales.

Les cours des minerais battent des records

Depuis mars 2009, les cours des minerais repartent à la hausse. Des sommets sont atteints pour certains métaux. Le 3 décembre dernier, l’or a pulvérisé son record, atteignant 1 226,50 dollars l’once. Le cuivre se rapproche du seuil des 7 000 dollars la tonne. Le 11 décembre, le nickel a atteint son plus haut niveau depuis octobre 2008, à 16 775 dollars la tonne. L’aluminium, quant à lui, s’apprécie à 2 277 dollars la tonne, son cours le plus élevé depuis octobre 2008.
Pour les experts, cette tendance haussière des cours ne peut qu’être favorable à un regain d’activité des compagnies minières en Afrique. D’autant que l’embellie du secteur est soutenue par la demande chinoise qui ne cesse de croître à nouveau.

L’Afrique: un réservoir quasi-inépuisable de minerais

L’Afrique possède 89 % des réserves mondiales de platine, 81 % de chrome, 61 % de manganèse et 60 % de cobalt. Ces ressources constituent une aubaine pour certains pays qui peuvent tirer un meilleur profit de leurs ressources minières, comme la RD Congo, qui détient 10 % des réserves planétaires de cuivre et 34 % de cobalt.

Devant la hausse des cours, certaines compagnies ont décidé de reprendre leurs investissements sur le sol africain: la compagnie canadienne First Quantum Minerals va par exemple développer un projet d’exploitation de la mine de cuivre de Kashime, en Zambie. Le groupe britannique aurifère Randgold multiplie, quant à lui, ses investissements en République Démocratique du Congo, au Mali et en Côte ­d’Ivoire.

Pour l’Afrique aujourd’hui, l’enjeu est de négocier au mieux de ses intérêts les contrats qui la lient aux compagnies internationales. Car longtemps, les profits miniers et pétroliers ont été transférés à l’étranger ou été gaspillés, sans bénéfice pour les populations. Les mauvais contrats, la mauvaise gestion, la corruption et le mauvais investissement des gains exceptionnels réalisés ont laissé les populations dans la pauvreté et empêché la diversification des économies.

L’Afrique cherche à imposer ses règles aux compagnies minières internationales

Afin de retourner cette situation, les Etats africains mettent aujourd’hui en place davantage de transparence dans la gestion de leurs ressources minières. Les Etats cherchent à développer  une meilleure  planification de l’investissement des revenus miniers et de meilleurs partenariats entre les compagnies minières, les Etats et les populations locales.

La Tanzanie a ainsi fait quelques progrès dans ce domaine. Auparavant, les investisseurs dans les mines d’or et de diamants obtenaient fréquemment des conditions fiscales avantageuses valables jusqu’à 20 ans. Ainsi, alors que le secteur minier représentait environ la moitié des exportations tanzaniennes, le total des impôts payés par l’ensemble des compagnies minières représentait moins de la moitié de ceux payés à elle seule par une brasserie locale, Tanzania Breweries.

Au Burkina Faso, des compagnies aurifères comme la britannique Cluff Mining, le conglomérat australien Metal Mass et la Société d’exploitation minière d’Afrique de l’Ouest (Semafo) canadienne aident déjà activement le pays à mieux faire bénéficier les populations locales des revenus des ressources naturelles.