Dernier hommage pour l’ancien combattant marocain Mohamed Mechti décédé à Bordeaux

3 février 2010 dans Dépêches, International 248 vues

APA-Bordeaux (France) Un dernier hommage sera rendu vendredi au Marocain Mohamed Mechti, ancien combattant de la seconde guerre mondiale, décédé de suite de maladie dimanche à 92 ans, à l’hôpital Saint-André de Bordeaux, dans le Sud-Ouest de la France, a appris APA.

Une cérémonie sera notamment organisée en sa mémoire à l’Amicale laïque Dupaty de Bordeaux par l’association « Les Oubliés de la République » et la Région Aquitaine, toutes engagées dans une bataille pour la reconnaissance et la réévaluation des droits des soldats ayant combattu aux côtés de la France pendant la Grande guerre.

Ancien caporal-chef de l’armée française, Mohamed Mechti s’était fortement impliqué dans cette lutte pour la justice, n’hésitant pas à saisir le tribunal administratif de Bordeaux pour exiger réparation.

S’appuyant sur les « Accords Euro-méditerranée » de 1996, le tribunal lui avait récemment donné raison en revalorisant sa pension militaire de 79 euros à 847 euros, soit l’équivalent de ses homologues français.

« Pour que son combat ne soit pas vain, nous lancerons une nouvelle fois un appel solennel au Président de la République. D’une part, pour que soit étendue à l’ensemble des anciens combattants la décision que le Tribunal administratif de Bordeaux a rendue pour Mohamed Mecthi. D’autre part, pour que la proposition de la loi pour la décristallisation soit enfin adoptée par le Parlement », indique un communiqué de presse de la Région Aquitaine, reçu mardi à APA.

Auteur de cette proposition de loi qui permettrait de mettre tout le monde au même pied d’égalité, Alain Rousset, député et président de la Région Aquitaine, estimait, il y a quelques semaines, que la France doit prendre des « dispositions pour offrir aux anciens combattants une fin de vie digne ».

« On ne doit pas attendre qu’ils disparaissent », prévient l’élu socialiste, qui sera présent à la cérémonie d’hommage à Mohamed Mecthi.

Sa collaboratrice d’origine marocaine Naïma Charaï, Conseillère régionale chargée des solidarités, de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations y sera également, aux côtés des membres de l’association « Les Oubliés de la République » dont elle est par ailleurs la présidente.

Engagé à 18 ans comme 40 000 autres Marocains, Mohamed Mechti avait servi la France avec courage et patriotisme jusqu’en 1954.

Quand l’occasion lui était donnée, il rappelait « son attachement à la France », même si, comme tous ses camarades, il ne supportait pas d’être obligé d’y vivre neuf mois sur douze pour pouvoir percevoir les minimums vieillesse que lui verse le gouvernement français.

Mohamed Mechti, qui envoyait l’essentiel de cette pension aux siens restés au pays, était ainsi de ceux qui souhaitaient que des mesures urgentes soient prises, afin que les uns et les autres puissent rester dans leur pays, sans perdre leurs droits.

On comprend pourquoi l’un de ses rêves les plus insistants était de mourir en paix auprès de sa famille, dans la ville de Meknès, à 120 kilomètres de Rabat, la capitale du Maroc.

Le documentaire du réalisateur français Jean-Claude Cheyssial, « Mechti, le dernier combat », sorti en 2005, retrace avec force détails et témoignages poignants, l’histoire pénible de ce patriarche, qui aimait mimer la Marseillaise, l’hymne national de la France.

Au total, environ 80 000 personnes sont victimes de la « discrimination » que Mohamed Mechti a vécue avant sa mort, dont quelque 800 à Bordeaux.