Le médiateur de la CEDEAO quitte Niamey sans un compromis dans la crise politique au Niger

11 février 2010 dans Dépêches, International, Organisations internationales 25 vues

APA-Niamey(Niger) Le dialogue inter-nigérien, ouvert sous l’égide de la CEDEAO à Niamey, n’a pas enregistré de compromis pour une sortie de la crise politique au Niger, au terme du séjour jeudi à Niamey du médiateur ouest africain, l’ancien Président nigérian, Abdul Salami Abubakar, qui devait présenter un rapport au Sommet des Chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale le 16 février prochain à Abuja, a constaté APA.

Pouvoir et opposition nigériens n’ont pas trouvé d’accord sur les conditions de résolution de la crise qui les divise profondément depuis l’adoption en août 2009 d’une Constitution qui prolonge le mandat du Président Mamadou Tandja.


Le dialogue inclusif, qui a été relancé à huis clos depuis le 4 février à Niamey, s’achève ce jeudi, et le camp présidentiel récuse les propositions soumises par le médiateur de la CEDEAO, contrairement à l’opposition qui a accepté le principe d’une transition politique.


« Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un débat sur la légitimité ou la légalité du référendum du 4 août dernier, de la 6ème république et des institutions qui y sont issues » a déclaré au téléphone à APA, Amadou Djibo, un porte-parole du Mouvement pour le peuple et la république (MPPR), proche du Président Tandja.


Un document de « contre-propositions », a-t-il indiqué, a été transmis au médiateur, qui quitte Niamey ce jeudi pour Abuja. Abdul Salami Abubakar a promis de revenir au Niger pour relancer le dialogue, au lendemain du Sommet de la CEDEAO, qui s’ouvre mardi prochain dans la capitale fédérale du Nigeria.


« L’opposition, par contre, affirme que ces propositions « rencontrent notre agrément (…) il y a juste quelques amendements à apporter », a indiqué à Dr Amadou Boubacar Cissé, chef de la délégation de la CFDR, la coalition de l’opposition nigérienne.


Lors de ses rencontres séparées avec les délégations des deux protagonistes de la crise politique nigérienne, le médiateur de la CEDEAO a présenté une première synthèse avant la plénière qui s’est déroulée tard dans la soirée de mercredi.


Ces propositions se résument à la mise en place d’une transition dont la durée sera déterminée par le dialogue et en même temps de nouveaux seront rédigés pour installer des institutions comme la Cour Constitutionnelle, la Commission nationale électorale indépendante et le Conseil supérieur de la communication.


De même, un Premier ministre, technocrate,devra conduire une équipe qui constituera le gouvernement d’union nationale, souligne-t-on.


Avant l’interruption du premier round de ces pourparlers, le médiateur a remis un document de synthèse d’une feuille de route aux deux parties en vue de formuler des propositions de compromis autour d’une probable résolution de la crise née de l’adoption en août 2009 d’une Constitution qui maintient à son poste le Président Mamadou Tandja jusqu’en 2012.


Elu deux fois par les urnes en 1999 et 2004, le Chef de l’Etat nigérien devait quitter ses fonctions en le 22 décembre dernier, au terme de son second quinquennat, selon la Constitution, qu’il a changée au moyen d’un référendum controversé en août 2009.


La tension politique au Niger a provoqué sa suspension en octobre dernier des instances de la CEDEAO, ainsi que l’interdiction de toute réunion de l’organisation régionale sur le sol nigérien.


En décembre dernier, les Etats Unis ont suspendu leur aide financière au profit de Niamey, imposant une interdiction de séjour aux USA aux hautes personnalités du pays.


L’Union Européenne, seul partenaire budgétaire du Niger, a, de son côté, coupé une aide non humanitaire d’environ 450 millions d’euros.




DS/of/APA

2010-02-11 17:42:06