Publié le 18 février 2010

Le secteur de l’industrie automobile trace sa route en Afrique

Longtemps grande absente du continent l’industrie automobile se développe significativement en terre africaine. L’arrivée des nouveaux constructeurs asiatiques n’y est pas étrangère.

En termes de production, l’Afrique du Sud domine nettement le contient. De 2000 à 2006, les investissements du secteur dans les infrastructures de production et d’exportation ont quadruplé, passant de 1,5 milliard de rands à 6,2 milliards de rands. Le secteur automobile de l’Afrique du Sud représente environ 10% des exportations industrielles du pays, ce qui en fait un élément essentiel de l’économie.

L’Afrique du Sud ouvre la route

Avec une production annuelle de 630 000 véhicules en 2008, l’Afrique du Sud peut être considérée comme un contributeur mineur à la production mondiale de véhicules. Mais localement, le secteur automobile est un géant qui contribue à environ 7,5% au PIB du pays. Environ 36 000 personnes sont employées par cette industrie.

L’Afrique du sud a été l’un des marchés automobiles les plus performants du monde au cours de ces dernières années. De 2004 à 2006, les chiffres de ventes de voitures neuves ont atteint des records : en 2006 les ventes ont augmenté de 14,4% avec un peu moins de 650 000 unités, générant un revenu de 118,4 milliards de rands.

Pour le gouvernement, le secteur automobile constitue une part essentielle de la croissance. L’Afrique du Sud exporte actuellement des véhicules vers plus de 70 pays, principalement le Japon, l’Australie, le Royaume-Uni et les USA. Les destinations africaines d’exportation comprennent l’Algérie, le Zimbabwe et le Nigeria.

L’Afrique sub-saharienne favorise le protectionnisme

Rénovation du parc, promotions, facilités bancaires, offres d’entretien et d’assurances gratuites pendant un an : à l’image de l’Afrique sub-saharienne, le marché de l’automobile sénégalais est en expansion. Les concessionnaires indiquent que le marché connaît une croissance de 20% par an depuis cinq ans environ, tirant par la même occasion l’industrie automobile vers le haut.

Mais pour le Ministère sénégalais chargé des transports terrestres, cette industrie naissante doit, pour se prémunir des importations massives, favoriser un certain protectionnisme en limitant le nombre des véhicules importés: « Dans tous les pays du monde, les industries automobiles se sont développées avec l’aide de la puissance publique...Il faut protéger les industries qui sont en train de naître ».

Le parc automobile sénégalais, jusqu’ici exclusivement constitué de véhicules importés, s’ouvre donc petit à petit aux voitures assemblées dans le pays. Le secteur contribue au développement de la sous-traitance, des entreprises locales fabriquant des composants tels que des marchepieds et des sièges.

Le Maghreb veut se doter d’une industrie automobile concurrentielle

L'industrie automobile au Maghreb est également amenée à se développer au cours des prochaines années. Dans son ensemble, le marché offre des perspectives de développement soutenu : le parc automobile de ces pays est en pleine mutation, son âge moyen est en baisse et les ventes de véhicules neufs ne cessent de croître depuis quelques années grâce à une demande soutenue, en particulier des classes moyennes.

De fait le marché de l'automobile en Algérie est le deuxième plus grand marché africain après l'Afrique du Sud. Malgré la crise économique, les autorités algériennes restent confiantes quant à l'avenir de l'industrie automobile. En effet, dans le cadre de la stratégie industrielle initiée par le gouvernement, un intérêt particulier est accordé à la promotion de l'industrie automobile.

Ce sont au total plus de 50 marques qui se partagent le marché algérien avec ses 4 millions de véhicules immatriculés. En 2007 le marché algérien avait franchi la barre des 200.000 véhicules neufs vendus, soit une progression de 36% par rapport à 2006.

Le Maroc est aussi un marché qui présente un potentiel de développement important. Le parc automobile marocain est estimé à 1,9 million de véhicules. Les investissements étrangers dans le secteur automobile s'y sont concrétisés, notamment par l'implantation d'une usine Renault Nissan, pour un investissement supérieur à 1 milliard d'euros.


Liens : site de africaontv.com