Théoriquement les pays développés devraient consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l'Aide Publique au Développement (APD). En dressant mercredi 17 Février 2010 à Paris un état des lieux de l’APD, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a constaté que les montants des aides au développement sont légèrement en hausse malgré la crise. Cependant, certains pays industrialisés sont loin de tenir toutes leurs promesses. La France, l’Allemagne et le Japon n’ont pas honoré les promesses faites aux pays les plus pauvres, notamment en Afrique; ce qui remet sérieusement en question l'achèvement des Objectifs pour le Millénaire fixés par l'ONU.
Les Africains ne recevront que 12 milliards de dollars sur les 25 milliards supplémentaires prévus
Malgré la crise, l'assistance apportée par les 22 Etats membres du Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE devrait avoir augmenté de 35% entre 2004 et 2010, atteignant des «niveaux record», soit environ 107,4 milliards de dollars.
Pourtant, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a révélé que les promesses faites lors du sommet du G8 à Gleneagles (Ecosse) ne seraient pas tenues d'ici à la date butoir de décembre 2010. Les dirigeants des huit grandes puissances économiques s'étaient engagés à consacrer en 2010 au moins 0,51% de leur richesse nationale à l'aide publique au développement (APD) - soit à accroître cette dernière de 50 milliards de dollars par an - et à affecter la moitié de cette somme à l'Afrique subsaharienne. Or, celle-ci ne devrait recevoir que 12 milliards de dollars supplémentaires sur les 25 promis...
Les bons et mauvais élèves de l’ADP
Angel Gurria a donc distribué les bons et les mauvais points. Parmi les bons élèves de l’ADP, la Suède, dont l'APD représente désormais 1,03% de son Produit National Brut (PNB), se classe numéro un de la classe.
Les Etats-Unis, quant à eux, ont augmenté de 35%, c’est-à-dire 27 milliards de dollars, leur contribution à l’ADP. Ils sont sur la bonne voie pour honorer leur promesse de doubler leur aide à l’Afrique subsaharienne entre 2004 et 2010.
Sept autres pays ont honoré leurs engagements (Belgique, Canada, Danemark, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas), ou presque (Australie, Etats-Unis, Japon et Royaume-Uni) et sept ne les ont pas respectées.
En queue de peloton, l'Italie, la France et l'Allemagne ont "omis" de verser 5,9 milliards de dollars, 4,5 milliards et 4,2 milliards pour l'aide au développement en 2009. La France, avec 7,6 milliards d’euros d’aides en 2008, demeure le quatrième contributeur au sein du Comité d’Aide au Développement (CAD) de l’OCDE. Mais l'APD française aura quasiment stagné en 2010 à 0,46% du PNB, contre 0,41% en 2004. Dans le même temps, le Royaume-Uni, dont le déficit public a pourtant explosé encore davantage que celui de la France avec la crise, aura porté son aide de 0,36% à 0,56% de son PNB.
Pour l'instant, le continent fait face à la crise en creusant ses déficits et grâce au soutien d'institutions régionales ou internationales. Mais il reste très vulnérable après les crises alimentaires de 2008. Ces dernières pourraient en effet se reproduire avec la spéculation sur le cours des matières premières qui se poursuit sur les marchés internationaux.

