La culture du coton, une véritable manne pour l’Afrique

8 mars 2010 dans Agriculture, Agriculture 613 vues

Au cours des quarante-cinq dernières années, l’Afrique de l'Ouest a accru sa culture du coton. La superficie des terres cultivables consacrée au coton est ainsi passées de 1,5% à 3,5%. Parallèlement à cette extension des surfaces cultivées, le rendement des terres s’est lui aussi amélioré passant de 400 kg/ha au début des années 1960 à 1 tonne/ha aujourd'hui.

Depuis octobre 2002, les prix du coton ont augmenté, car la Chine, principal intermédiaire cotonnier au monde, a produit moins et acheté plus que les années antérieures; ce qui explique en partie la hausse. En 2007, les prix se sont maintenus, suite à des conditions climatiques défavorables dans les régions productrices comme les États-Unis. Aujourd'hui, la culture du coton représente 3 à 10% du PIB pour cinq pays de l'Afrique de l'Ouest.

Carte d'Afrique des pays producteurs de Coton 2009


Source : United States Department of Agriculture


Le coton demeure indispensable à l’économie des pays africains

Si des milliers de fermiers se sont lancés dans la production de coton bio en Afrique de l’Ouest, la majorité des producteurs de coton de la région cultivent encore du coton classique. Au Burkina Faso, ils sont 350 000 à cultiver du coton classique, au Bénin, un peu moins. Ainsi le Burkina Faso, un des premiers exportateurs de coton d’Afrique de l’Ouest, est devenu le 10e producteur mondial de coton bio en 2008, avec 2 000 tonnes produites, soit le double de la production de l’année précédente.

Les producteurs burkinabés de coton bio empochent environ 50 centimes de dollar le kilo. Mais leurs bénéfices sont moins importants que pour le coton classique, car même si les fermiers gagnent jusqu’à 30 pour cent de plus par kilo, ils produisent, en moyenne, moins de la moitié de coton. En outre, pour cultiver sans pesticide, il faut assurer une rotation des cultures, et désherber et répartir les engrais à la main, ce qui limite la production, selon le président de l’association des producteurs de coton.

Le Bio, un investissement sur le long terme

Les producteurs bio représentent 0,1% des cultivateurs dans les deux pays. Cependant la production mondiale de coton bio a augmenté de plus de 150% pour passer à 145 000 tonnes en 2008, soit environ 0,55% de la production totale de coton. Au Bénin, quelque 1 500 producteurs ont produit 500 tonnes de coton bio en 2008. Bien que les producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest n’aient produit que 2% environ de cette quantité, leur production a doublé par rapport à 2007.

Selon une étude comparative des cotons bio et classique, réalisée en 2008, au Mali, au passage de la production de coton classique à la production de coton bio, il faut, dans un premier temps, prévoir un rendement moindre. En effet l’agriculture bio exige une rotation des cultures, ce qui réduit la surface disponible pour la production de coton. Il faut parfois attendre au moins quatre ans avant que de nouvelles cultures et une meilleure fertilité du sol compensent la perte de revenus occasionnée.

Le coton Bio offre des avantages multiples face aux problèmes causés par l’agriculture intensive

Toutefois, malgré le manque à gagner, à court terme, en matière de bénéfices, à long terme, les avantages sanitaires et environnementaux de l’agriculture sans produits chimiques l’emportent.

A long terme, tant que la main-d’œuvre sera bon marché, le secteur du coton sans produits chimiques sera plus profitable que celui du coton classique, permettant de réduire la pauvreté dans les régions rurales, en employant davantage de femmes, tout en améliorant la gestion des sols.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ne s’y était pas trompée en décrétant 2009, année internationale des fibres naturelles, pour contribuer à promouvoir ce secteur, qui rapporte 40 milliards de dollars par an, essentiellement grâce aux revenus du coton.