APA-Cotonou (Bénin) En moins d’un an de la fin de son quinquennat, le pouvoir du président Yayi Boni est confronté à un véritable front social marqué par des perturbations du fonctionnement de l’administration publique, a constaté APA.
Aucun secteur vital de l’économie béninoise, notamment la santé, l’éducation, n’a été épargné ces derniers temps par des grèves perlées qui s’observent depuis le début de cette année 2010, entraînent un grave préjudice pour l’économie du pays, déjà fragilisée par la crise financière internationale.
Ainsi, dans le domaine de la santé, la plupart des structures notamment l’Hôpital de la mère et de l’enfant de Cotonou (HOMEL) et le Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou, les agents paramédicaux et le collectif des praticiens hospitaliers et universitaires qui animent ces différents centres, ont déserté depuis plusieurs semaines leurs lieux de travail pour des revendications visant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.
Si au niveau du Collectif des praticiens hospitaliers et universitaires, la priorité de leur plate forme revendicative est la prise des décrets portant statut particulier de leur corporation, les agents paramédicaux demandent au gouvernement du président Yayi Boni la prise des décisions leur attribuant des primes de motivation, d’incitation et surtout le reversement des agents contractuels dans le corps des agents permanents de l’Etat.
« Le Collectif des praticiens hospitaliers a décidé de reconduire, jusqu’à la satisfaction de sa plateforme revendicative qui se résume à la prise des décrets portant statuts particuliers des praticiens hospitaliers puis des hospitalo-universaires, l’arrêt collectif de travail 7 jour sur 7», a confié à APA son président, le Dr Camille Kpadé.
Dans le secteur de l’éducation, la situation n’est pas reluisante puisque le Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement a déclenché depuis la dernière semaine du mois de janvier 2010, une grève illimitée de 96 heures par semaine, pour une amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants des universités publiques et des cours secondaires et primaires.
« La plate forme revendicative des trois ordres de l’enseignement se résume, entre autres, au reversement dans la fonction publique des enseignants communautaires et contractuels locaux, le problème de logement et celui de l’allocation d’incitation à la fonction enseignante (25% pour les enseignants en activité).
Un arrêté interministériel signé par cinq ministres du gouvernement prévoit depuis 2008 que tous les enseignants admis à la retraite doivent bénéficier de cette allocation. Mais dans la pratique, les services financiers de l’Etat ont refusé d’octroyer les 25% aux enseignants admis à la retraite », a confié à APA Raouf Affagnon, le porte parole du Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement.
A l’instar des travailleurs en grève, les ministres du gouvernement ont trouvé un autre moyen pour exprimer leur mécontentement envers le président Yayi Boni qui a annoncé en conseil des ministres un remaniement qui tarde à se concrétiser.
Le président Yayi Boni a remercié ses ministres il y a quelques semaines pour services loyaux rendus à la nation, leur annonçant qu’un nouveau gouvernement sera formé et leur souhaitant bonne chance dans leurs nouvelles aventures professionnelles.
Les ministres ont commencé à bouder le président à partir de cette annonce, certains boudant même quelque fois le conseil des ministres. Cet immobilisme déteint sur le travail dans les ministères où la démotivation se lit de plus en plus sur les visages.
« Nous ne sommes plus motivés à travailler comme auparavant à partir du moment où le chef de l’Etat nous a annoncé son intention de renouveler son équipe gouvernementale. Rien ne nous prouve que nous serons maintenus dans cette nouvelle équipe », a confié à APA un ministre du gouvernement sous le couvert de l’anonymat.
MT/od/APA
2010-03-13 15:22:42

