APA-Addis Abeba (Ethiopie) Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) a imposé mercredi des sanctions contre 109 membres de l’actuel gouvernement de Madagascar, dirigé par Andry Rajoelina et les membres du parti présidentiel.
Ces décisions ont été prises à l’issue d’une réunion que le conseil a tenu à huis clos pendant des heures au siége de l’UA sur la situation qui sévit à Madagascar à la suite d’un putsch survenu depuis un an.
Albert Muchanga, l’ambassadeur du Malawi en Ethiopie qui présidait la réunion du conseil de paix et de sécurité de l’UA a révélé à la presse que les sanctions entreront en vigueur à partir de ce mercredi 17 mars 2010.
Selon l’UA, les sanctions concernent 109 membres du gouvernement, dont Rajoelina lui-même et d’autres hauts responsables, notamment des officiers de haut rang, des conseillers du chef de l’Etat ainsi que certains de ses proches.
Les sanctions ont été imposées suite à la décision du parti de Rajoelina de ne pas assister à la réunion qui devait se tenir ce mois en cours à Addis Abeba, du 7 au 9 mars 2010 en présence de quatre partis politiques malgaches.
Le parti de Rajoelina a boycotté la réunion sous prétexte qu’il n’entend pas se conformer aux accords de Maputo et d’Addis Abeba.
S’adressant à la presse, l’ambassadeur Lamamra Ramtane et le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité ont indiqué que les sanctions incluent le gel des comptes des 109 hauts fonctionnaires au niveau de différentes banques à l’étranger et l’isolement diplomatique du régime de Rajoelina.
Par ailleurs, M. Lamamra a expliqué que les sanctions ont également trait à la révocation de l’accréditation du parti de Rajoelina auprès de l’UA, ajoutant que l’organisation continentale a sollicité à ce titre le soutien de l’Union Européenne, de l’ONU ainsi que celui des autres organisations régionales et internationales.
C’est la première fois que le conseil de paix et de sécurité de l’UA a pris une telle décision contre l’un de ses pays membres.
« Il n’y a aucune intention politique qui se cache derrière. Nous pensons qu’il est encore possible pour Rajoelina et ses collaborateurs de s’asseoir autour de la table des négociations en vue de se conformer aux accords de Maputo et d’Addis Abeba », a estimé M. Lamamra.
Les sanctions sont tombées un an après le coup d’état survenu dans le pays, qui fait face à d’autres sanctions imposées par l’UE ainsi que d’autres organismes régionaux. « Il n’existe aucune solution unilatérale pour une sortie de crise au Madagascar », a ajouté M. Lamamra.
Le conseil de paix et de sécurité de l’UA a également exhorté les états membres à appliquer ces sanctions et à coopérer dans ce sens à l’encontre des personnalités indiquées.

