Les préoccupations mondiales concernant l'accès à l'énergie et le changement climatique rendent l'avenir énergétique de l'Afrique et de l'Europe de plus en plus interdépendant. La Commission de l'Union Africaine et la Commission européenne ont signé un partenariat énergétique (AEEP), en décembre 2007 à Lisbonne au Portugal, afin de mettre en œuvre un vaste plan d'action visant à promouvoir la coopération dans le domaine de l’énergie. Cet accord vise à mobiliser des ressources financières, techniques et humaines en faveur du développement énergétique de l'Afrique. Ce partenariat “énergie” constitue l’un des huit partenariats stratégiques qui composent la stratégie conjointe Afrique-UE.
Avec l’arrivée à échéance du premier plan d’action en 2010, les commissions de l’UA et de l’UE se sont retrouvés en Autriche du 21 au 22 avril pour préparer le prochain Sommet Afrique-UE, prévu dans la seconde moitié de 2010, en donnant des directives pour la mise en œuvre du Second plan d’action (2010-2013).
Le Partenariat énergétique Afrique-UE (AEEP)
En Afrique, aujourd’hui, 594 millions d’africains, soit 3 africains sur 4 n’ont pas accès à l’électricité et le Conseil Mondial de l’Energie prévoit un triplement de la demande en électricité en Afrique entre aujourd’hui et 2035.
Grâce à ce partenariat qui promeut l’intégration régionale des marchés et des systèmes énergétiques en Afrique, de nombreux projets ont pu être financés. Les chefs d’Etats africains se sont ainsi engagés à développer les grands projets hydroélectriques, éoliens, géothermiques ou solaires au niveau régional sur le continent. Dans ce partenariat, les deux continents partagent leur savoir-faire et leurs ressources et accordent leurs intérêts complémentaires. Ils harmonisent ainsi leurs politiques pour faire face, ensemble, à leurs défis énergétiques en mettant en place un réseau plus dense entre les deux continents à travers une interconnexion transfrontalière accrue.
Des projets énergétiques multiples en Afrique et entre l’Afrique et l’Europe
La Banque européenne d’investissement (BEI) a accordé un don de 3 millions d’euros à la West african power poll (WAPP), une organisation énergétique régionale de l’Afrique de l’Ouest en janvier 2008. Accordés au titre du Fonds fiduciaire (Trust Fund) du Partenariat euro-africain pour les infrastructures, ces crédits sont destinés à financer des études de pré-investissement pour un projet d’interconnexion électrique entre la Cote d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Le Pool d'énergie ouest-africain, ayant pour mission principale la création d’un marché régional de l’électricité, est ainsi chargé de la conception et de la réalisation des projets d’infrastructures prioritaires, afin de faciliter l’accès à des ressources énergétiques abordables pour tous les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Au Rwanda et en RD Congo, l’Union européenne finance également l’étude de faisabilité d’un nouveau barrage hydroélectrique sur la Rusizi, une rivière du sud-ouest du Rwanda à la frontière avec la RD Congo. Ce nouveau barrage devrait générer une puissance de 82 Mégawatts d’ici l’an 2012. Cette production additionnelle devrait permettre de faire face au déficit énergétique qui prévaut actuellement dans la sous-région des Grands Lacs.
En matière d’interconnexion internationale, un gazoduc entre l’Algérie et l’Espagne est en cours de construction financé par les Pays Bas et l’Allemagne. En Afrique de l’Ouest, le partenariat a permis de financer un gazoduc financé par la BEI. Une centrale hydroélectrique au Mali va également voir le jour. Elle est financée par le Fonds fiduciaire du partenariat Euro-africain.
Autres projets à venir: un parc d’éolienne de 200 Mégawatts est à l'étude en Egypte et l’Ethiopie s’apprête à lancer Gibe III, un aménagement hydroélectrique de 1870 Mégawatts.

