Publié le 1 juin 2010

Création d’un fonds d’investissement international pour financer la microfinance africaine

Un Fonds régional d’investissement pour les micros, petites et moyennes entreprises d’Afrique subsaharienne (REGMIFA) vient d’être lancé le 5 mai 2010 à Berlin. C’est la société genevoise de gestion spécialisée en microfinance, Symbiotics Investment Manager SA, qui a été sélectionnée comme gestionnaire de ce nouveau fonds.

Crée par le Ministère Fédéral allemand de la Coopération Economique et du Développement (BMZ) et la banque de développement KFW, REGMIFA sera doté d’un budget 150 millions de dollars dans un premier temps. Ce fonds a pour objectif de répondre aux besoins en financements à long et moyen terme des intermédiaires financiers africains qui octroient des prêts aux très petites, petites et moyennes entreprises d'Afrique.

Le REGMIFA: un fonds de soutien destiné aux organismes africains de microfinance

Elaboré par de grandes institutions de financement, suite à une initiative du G8 visant améliorer l’accès aux financements sur le content africain, le REGMIFA vise à développer un portefeuille de crédit d’un montant de 200 millions de dollars d’ici à 2014. Pour la première fois, un fonds fournit aux institutions de microfinance africaine une large gamme d’instruments financiers. Il s'agit notamment de prises de participations, de prêts directs et d'assistance technique en faveur d'institutions de microfinance (IMF), de banques locales et d’autres organismes financiers qui octroient des financements à des très petites, petites et moyennes entreprises (MPME) en Afrique subsaharienne.

Un fonds pour lutter contre la pauvreté

Les fonds seront investis dans une cinquantaine d’institutions de microfinance africaines et permettront de financer indirectement plus de 300 000 entreprises durant les cinq prochaines années. Les prêts en monnaie locale offerts, l'engagement d'un grand nombre d'investisseurs et la participation du secteur privé permettront donc aux entreprises africaines de se développer, de créer des emplois et de lutter contre la pauvreté dans les années à venir. A terme, ce sont 500 000 emplois qui devraient être crées grâce à ce fonds.

Le grand intérêt du REGMIFA est d’éliminer le risque de change pour les clients emprunteurs et ainsi de diminuer le coût de leur prêt. Les prêts seront destinés essentiellement aux femmes, devraient améliorer leur situation sociale et leur rôle d'entrepreneurs et de créateurs de sources de revenus.

Les bailleurs de fonds du REGMIFA

Parmi les nombreux investisseurs de ce fonds, la Banque européenne d'investissement (BEI) a déjà promis d’investir 15 millions d'euros. La BEI va par ailleurs apporter une subvention de 2 millions de dollars pour l’assistance technique à cette initiative et devra jouer un rôle essentiel dans le choix des spécialistes en gestion des fonds.

En plus de la BEI, les investisseurs du fonds sont le Ministère Fédéral allemand de la Coopération Economique et du Développement (BMZ), la banque de développement KFW, le Ministère Espagnol des Affaires Etrangères (MAEC), l’Agence Espagnole pour la Coopération et Développement International (AECID), L'Institut de Crédit Officiel (ICO), IFC (membre du groupe de la Banque Mondiale), la Société Belge d'Investissement pour les Pays en Développement (BIO), La Banque de Développement des Pays-Bas (FMO), la Banque Autrichienne de Développement (OEB), la Comission Européenne/EuropeAid, l’Agence Française de Développement (AFD), la Promotion et Participation pour la Coopération Economique (Proparco), L’Initiative Norvégienne pour la Microfinance (NMI) et la Banque Africaine de Développement (BAD).