Publié le 25 novembre 2010

Commerce international: l’Afrique à la conquête du marché de l’aide humanitaire

Donateurs, agences internationales d’aide et ONG dépensent chaque année des milliards de dollars sur le marché des fournitures d’articles de secours. Au sein des Nations-Unies, les agences dépensent chaque année plus de 5 milliards de dollars en biens et services, dont près de 60% sont destinés au secours humanitaire ou à l’aide au développement des pays africains. Pourtant, en 2003 à peine 10% du total des approvisionnements des Nations Unies provenaient d’Afrique.

Ce marché de l’aide restait donc fermé aux pays africains. Le programme du CCI “Acheter en Afrique pour l’Afrique” a contribué à changer la donne. Ce programme vise à augmenter la participation de l’Afrique à l’approvisionnement de l’aide grâce au développement du commerce régional. Résultat: plusieurs agences d’aide internationales ont modifié leurs pratiques en matière d’achats pour promouvoir l’approvisionnement régional en Afrique. Un bon moyen de contribuer à l’essor du continent africain.

Un marché en expansion

Les activités liées aux achats des agences de l’ONU croissent régulièrement. Comme les organisations non gouvernementales (ONG) et les institutions spécialisées sont de plus en plus actives dans ce domaine, leurs besoins en approvisionnement augmentent également.

Le CCI a permis de déterminer que certaines catégories importantes des produits recherchés par les agences internationales d’aide étaient disponibles dans plusieurs pays. En Afrique orientale et australe, par exemple, l’offre de céréales, de légumineuses et d’aliments divers, de moustiquaires et de semences est abondante.

Pour faire correspondre la capacité de l’offre en Afrique avec le marché de l’aide, une coopération technique s’est révélée nécessaire, afin que les entreprises puissent développer les compétences utiles. Même les agences d’aide convaincues qu’il était dans leur intérêt de s’approvisionner localement n’étaient pas toujours capables d’identifier leurs fournisseurs potentiels.

Lancement de l’initiative du CCI

À ce jour, cinq rencontres acheteurs/vendeurs sous-régionales ont été mises sur pied en Afrique, avec la participation de firmes clés et d’agences d’aide de 24 pays. Deux réunions destinées aux entreprises de l’Afrique orientale et australe se sont tenues à Nairobi, au Kenya, en novembre 2001 et en août 2003. Des exportateurs de l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale se sont rendus à une manifestation de ce type à Dakar, au Sénégal, en juin 2002. Enfin, deux réunions, organisées à Midrand, en Afrique su Sud, en octobre 2003 et 2004, ont compté avec la participation de fournisseurs de l’Afrique australe et orientale.

Une position gagnant-gagnant pour les entreprises africaines

En se positionnant sur le marché de l’aide humanitaire, les entreprises africaines se sont familiarisées avec les normes internationales et les procédures et pratiques commerciales auxquelles les produits devraient répondre. Spinners & Spinners, une société sise à Nairobi qui propose des couvertures, s’est dotée de la certification ISO. Son Directeur, M. Chandu Dodhia confirme que les contacts établis avec plusieurs importantes agences d’aide à l’occasion des rencontres organisées par le CCI se sont révélés précieux. «Nous recevons maintenant des commandes de marchandises directement de leurs bureaux sur place, qui auparavant ne passaient que par l’intermédiaire d’agents humanitaires, explique-t-il.

Southken, une petite société d’import-export sise à Durban, en Afrique du Sud, qui stocke et exporte des couvertures, notamment celles produites par Spinners & Spinners, a augmenté ses activités de 50% en 2002 grâce à sa participation au programme du CCI.

Lorsque les agences s’approvisionnent dans les pays où elles agissent, elles contribuent au développement durable et à la croissance des économies locales, ce qui renforce ainsi l’expertise et les compétences des acteurs et diminue la vulnérabilité de la communauté aux éventuelles catastrophes naturelles ou causées par l’homme.