Publié le 20 décembre 2010

Mobilisation de l’Afrique face au défis de l’eau

L’Afrique comptera deux milliards d’habitants d’ici 2050. Deux milliards de personnes à qui il faut assurer les besoins en nourriture, en eau et en énergie. L’accroissement de la production agricole pour garantir la sécurité alimentaire s’impose au continent. Pour y parvenir, une maîtrise et une gestion efficace de ses ressources en eau pour l’agriculture et l’énergie seront indispensables. Plusieurs techniques existent et peuvent permettre au continent de relever ce défi.

Pour faire face au défi de l’eau, le Conseil africain des ministres sur l’eau (AMCOW) se mobilise. Il a organisé en novembre 2010, la troisième semaine africaine de l’eau en Ethiopie sous le thème des “Défis et les opportunités de l’eau et des systèmes sanitaires en Afrique”. Ce sommet s’inscrit dans le cadre de la mission que s’est donnée un certain nombre de pays africain d’atteindre la “Vision africaine sur l’eau” et les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

L’Afrique un continent où l’eau est inégalement répartie

L’Afrique est le deuxième continent le plus sec après l’Australie et de nombreux Africains sont sans cesse victimes de pénurie d’eau alors même que le continent regorge de ressources hydriques, entre les grands fleuves (fleuve Congo, le Nil, fleuve du Niger, etc.) et les lacs (le lac Tchad et le lac Victoria). Mais, selon une étude de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les pays africains maîtrisent moins de 4% de leurs potentiels hydrauliques tandis que dans les pays riches, ce taux est de 70 à 80% et en Asie, il est passé de moins de 4% à près de 50% au cours des trente dernières années. De plus, on dénombre quatorze pays africains qui pâtissent déjà d’une raréfaction de leurs ressources en eau, et on estime que 11 autres devraient connaître le même sort à l’horizon 2025.


Pour une meilleure utilisation et gestion des ressources hydrauliques du continent

le continent africain compte déjà un milliard d’habitants selon l’Agence d’aide du gouvernement américain (USAID). Un chiffre qui devrait doubler d’ici 2050 si la croissance annuelle de 24 millions de personnes se poursuit. Ainsi, plus cette population africaine va augmenter au fil des années et plus les besoins en ressources en eau vont se faire sentir. Pour beaucoup d’experts, l’urgence aujourd’hui pour l’Afrique afin de maîtriser ce défi de l’eau, est donc de renforcer le financement de l’installation des infrastructures, car les techniques pour la maîtrise et la gestion des ressources en eau existent déjà et se développent de plus en plus sur le continent.

La maîtrise de l’eau en Afrique subsaharienne est confrontée à deux principaux problèmes : le stockage et l’acheminement. Par conséquent, le continent doit chercher en priorité à se munir d’infrastructures qui répondent aux besoins du stockage et de l’acheminement de l’eau en construisant des barrages et des réseaux de distribution par exemple.

La BAD appelle à plus d’investissements dans le secteur de l’eau

Une étude réalisée par la Banque africaine de développement (BAD) sur les coûts de la réalisation de cette « Vision africaine de l’eau », et corroborée par l’Étude diagnostique sur l’infrastructure africaine, a montré que l’Afrique manque sérieusement de financement dans le secteur de l’eau. Ainsi, sur les quelque 45 à 60 milliards de dollars par an dont a besoin le continent pour satisfaire ses besoins en infrastructure, 11 milliards sont nécessaires pour le seul secteur de l’eau et de l’assainissement. Et selon la BAD, le recours à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux est absolument insuffisant pour combler ce déficit de financement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique.

La BAD appelle donc à plus de sources de financement innovantes. Et pour ce faire, elle pilote, en marge de cette 3e Semaine africaine de l’eau, une session thématique sur « le financement des investissements dans l’eau pour la croissance et le développement ». Dans un autre rapport sur la Gouvernance dans le secteur de l’eau en Afrique, la BAD démontre en outre que la difficulté des autorités à garantir à des millions d’Africains de services d’eau, dont ils ont besoin et d’assainissement, tient essentiellement au manque de gouvernance.