Publié le 3 février 2011

La paix et la stabilité progressent en Afrique

Malgré les révolutions qui secouent l’Afrique du Nord, grâce aux efforts africains et au renforcement du soutien international, le continent est davantage pacifié aujourd'hui qu'il ne l'était il y a une douzaine d'années. En 1998, lorsque l'ONU publiait son premier grand rapport sur les "causes des conflits" en Afrique, 14 pays étaient en guerre. Aujourd'hui, seuls quatre pays le sont.

A travers sa médiation l’Union Africaine (UA) tente également de renforcer la stabilité des pays encore politiquement fragiles. Il s’agit d’instaurer une paix régionale et sociale plus sûres en renforçant les institutions, les économies vulnérables et les pratiques de bonne gouvernance.

L’Afrique prend son destin en main

L'Afrique peut revendiquer l'essentiel des progrès enregistrés au cours de la décennie écoulée. Parmi les initiatives africaines, on compte la création en 2002 de l'UA sur les décombres de l'Organisation de l'unité africaine.

L'UA a mis en place une série d'institutions et de mécanismes visant à prévenir et à gérer les conflits. On peut citer le Conseil de paix et de sécurité, un groupe comprenant de hauts dignitaires et plusieurs opérations de maintien de la paix de l'UA. Une force africaine de réserve de maintien de la paix se met également en place.

L'ONU a mis en route un programme décennal en vue d'aider au développement des capacités de l'UA. En juillet dernier, elle a créé à Addis-Abeba un bureau des Nations Unies auprès de l'UA. En août 2010, l'ONU et l'UA ont tenu la première réunion d'une équipe spéciale conjointe pour une stratégie à long terme favorisant la paix et la sécurité.

De nouveaux défis attendent l’Afrique

En outre, le continent doit faire face à une multitude de défis nouveaux, allant du changement climatique aux crimes transfrontaliers. Ces problèmes, s'ils ne sont pas résolus, peuvent entraîner la reprise d'anciens conflits ou provoquer de nouvelles crises.

Selon l’ONU, afin d'éviter la résurgence des guerres, les pays africains et leurs partenaires étrangers doivent offrir un minimum de conditions pour la subsistance au quotidien, et mener une politique de sécurité axée sur la population, le développement et les questions sociales.

Les dirigeants africains sont du même avis. L'union africaine (UA) avait proclamé 2010, "Année de la paix et de la sécurité", manifestant ainsi la détermination commune de mettre un terme définitif au fléau des conflits et de la violence sur le continent.

Vers une stabilité et une meilleure gouvernance

De manière générale l'Afrique prend en mains les défis auxquels elle est confrontée. Le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), que les dirigeants africains ont adopté en 2001, définit les priorités principales du continent dans les domaines politique, économique, social et de la sécurité et donne plus de voix et de responsabilité à l'Afrique dans le choix de ses politiques économiques et sociales.

En 2010, le secrétariat du NEPAD est devenu l'agence de planification et de coordination du NEPAD, désormais incorporée aux structures centrales de l'UA. Cette transformation devrait faciliter une meilleure coordination des efforts de sécurité et de développement.

Des efforts fructueux puisqu'un nombre croissant de gouvernements africains prend conscience de la nécessité de s'attaquer aux nombreux problèmes qui engendrent les conflits. Il faut combattre en priorité la corruption généralisée, les inégalités économiques et l'exclusion de certains groupes ethniques et sociaux. Lorsque ce n’est pas le cas, la rue n’hésite plus à le faire savoir.