Publié le 30 juin 2011

Infrastructures et investissements: le Congo Brazzaville veut gagner la bataille de l’eau

Conséquence du réchauffement climatique, l’eau sera la ressource stratégique du XXIème siècle. Les autorités du Congo Brazzaville ont bien conscience des carences du pays en la matière et s’emploient à améliorer le réseau hydrique national ainsi que l’accès des populations à l’or bleu.

Robinet d'eau | Image sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0) By Julien Harneis

Ainsi le réseau de distribution bénéficiera prochainement de la construction de 7 nouveaux réservoirs de stockage, de 4 stations de reprise et de 4 postes de transformation, sans compter la pose de 183km de conduites du réseau primaire.

Une politique ouverte sur le partenariat internationnal

La Commission internationale du Bassin du Congo-Oubangui-Sangha (CICOS) et l’Agence Française de Développement (AFD) collaborrent à l’accomplissement d’objectifs énoncés dans deux nouvelles conventions.

Le premier accord porte sur un financement visant à améliorer le suivi hydrologique des ressources en eau et à développer, à partir de données hydrologiques et socioéconomiques, un outil prospectif d’aide à la décision pour l’aménagement durable du Bassin du Congo.

Le projet de suivi des ressources en eau est un outil prospectif sur le Bassin du fleuve Congo financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) à hauteur de 1,3 millions d’euros pour une durée de trois ans.

Son objectif est de contribuer au développement d’une politique de gestion intégrée des ressources en eau et d’aider aux décisions d’aménagement et de gestion des eaux. Des actions ont été déjà engagées en collaboration avec le ministère français des affaires étrangères, le FFEM, la Coopération Allemande, l’Union Européenne et la Facilité Africaine de l’eau.

Développement et gestion intégrée

La deuxième convention concerne l’appui à la CICOS, dont le financement est assuré par une subvention de l’AFD pour un montant de 400.000 euros. Son objectif général est de soutenir et d’accompagner les actions de développement et de gestion intégrée des ressources en eau dans le Bassin du Congo à travers la mise en place d’une assistance technique et d’une meilleure coordination des activités de l’ensemble des organisations transfrontalières du bassin via l’Office international de l’eau.

Le Bassin du Congo avec une superficie de 3,5 millions de km2 et un débit de 41.000 m3/s à Kinshasa/Brazzaville est le premier d’Afrique et le deuxième du monde. La CICOS a été créée en 1999 sous l’impulsion du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo et de la République Démocratique du Congo.

Organe spacialisé de la Commission de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), la CICOS promeut la gestion durable des ressources en eau du Bassin du Congo pour le bien-être des populations En premier lieu concentré sur le promotion de la navigation intérieure, son mandat s’est élargi en 2007 à la gestion intégrée des ressources transfrontalières en eau.

Des infrastructures vont sortir de terre

Le Fonds monétaire international (FMI), participe quant à lui au chantier de la deuxième usine d’eau de Djiri qui sera dotée d’une capacité de 5250m3/h. Ce projet est très important pour l’amélioration des conditions de vie des populations au Congo. Il répond aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) que poursuit la politique du président Denis Sassou Nguesso.

Cette usine dont les travaux estimés à 135 milliards de francs CFA ont débuté en 2009, devrait permettre de résoudre le déficit en eau potable de Brazzaville.

Le projet prévoit la construction de la seconde usine d’eau (Djiri II), la réhabilitation de l’ancienne usine (Djiri I) dotée d’une capacité de 2.250m3/h, ainsi que la construction du réseau de distribution d’eau potable. La nouvelle usine disposera d’un système de distribution d’électricité, d’un nouveau poste de transformation, d’un système de contrôle et de supervision.