Publié le 1 juillet 2011

L’accès à l’eau potable, un défi majeur pour les mégalopoles africaines

Pompe à eau communale, Sud Kivu, RDC | Image sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0) by Julien Harneis

Les problèmes liés à l'approvisionnement en eau connaissent une aggravation proportionnelle au rythme où croissent les villes africaines. Selon une enquête effectuée en 1990, dans 29 pays d’Afrique subsaharienne, huit d’entre eux souffraient d’une insuffisance ou d’un manque d’eau. En 2025, ce nombre pourrait passer à 20 sur 29 si rien n’est entrepris.

Alors que le taux de la population sans accès à l'eau potable en Afrique atteint 42%, une meilleure gestion de cette précieuse ressource pourrait aider à améliorer la situation sur le continent. Et les solutions existent.

L’Afrique veut mieux gérer ses ressources en eau

Ainsi une ville comme Kinshasa, souffre d'un déficit généralisé d'eau potable. Pour les 8 millions d'habitants  de la mégalopole, l'accessibilité à l'eau potable est l'une des préoccupations majeures face au flux continu de nouveaux habitants.

L'usine de N'Djili, plus grande pourvoyeuse d'eau de la ville de Kinshasa, fournit près de 65% de l'eau potable consommée dans la capitale de la République démocratique du Congo, ce qui est loin d'être suffisant.

Le gouvernement congolais a donc fait de la gestion de l’eau une de ses priorités, comptant parmi les cinq grands chantiers de la République. Ainsi, le Programme Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction a permis de réhabiliter les infrastructures de la Regideso, la compagnie qui dessert la ville en eau. La Regideso a ainsi pu doubler sa capacité de distribution de l'eau potable. Un résultat encourageant qui pourrait conduire à une extension du projet.

Une volontée politique affirmée est primordiale

Ici comme dans le reste de l’Afrique, une politique concertée peut changer la donne. L’élément moteur qui peut mener vers une mise en oeuvre effective, passe par une forte volonté politique au niveau des institutions nationales et locales.

Il est en outre essentiel de proposer une politique d'éducation des différents types de public de la population pour responsabiliser les individus et favoriser les modifications des modes de vie. Les pouvoirs publics doivent donc parvenir à définir une politique nationale assortie des outils nécessaires en s'appuyant sur une concertation sociale.

Ainsi la réforme institutionnelle du secteur de l’eau au Sénégal s’est accompagnée d’une politique visant d’une part, à accroître la capacité de production d’eau potable de la ville de Dakar et d’autre part, à mettre en place des outils tarifaires pour améliorer la gestion de la demande.

Vers une gestion concertée

Enfin les ressources ne manquent pas. L'Afrique possède plusieurs fleuves internationaux. Le continent connaît certes une variation extrême en matière de pluviométrie, ce qui présente de réels défis pour la gestion des ressources en eau. Mais les occasions de gains mutuels à travers la gestion concertée des ressources en eau sont bien réelles.

La gestion concertée et la mise en valeur des fleuves internationaux d'Afrique offrent des perspectives très encourageantes pour une durabilité et une productivité plus accrues des ressources en eau du continent, qui deviennent de plus en plus rares, ainsi que pour son environnement précaire.

En outre, les bénéfices potentiels de la gestion concertée des ressources en eau peuvent servir de catalyseur pour l’élargissement de la coopération régionale, l'intégration et le développement économiques, voire pour la prévention des conflits.