En Afrique, l’accès des femmes politiques aux postes à responsabilités reste encore de l'ordre de l'exception. Mais cette situation évolue. En 2006, Ellen Johnson Sirleaf est devenue la première femme du continent élue à la tête d’un pays: le Libéria.
Aujourd’hui les candidatures féminines aux élections se multiplient et les prochaines échéances électorales africaines ouvrent de nouvelles perspectives à toutes celles qui sont engagées à faire bouger les lignes en Afrique.
Des femmes diplômées et militantes
Une majorité des femmes africaines qui briguent aujourd’hui les plus hautes fonctions au sein des états africains ont en commun d’être hautement diplômées et d’avoir participé au débat public en tant que militantes des droits civiques. Justifiant de carrières nationales et internationales réussies, les candidates africaines au fauteuil de chef d’État peinent pourtant à s’imposer dans les scrutins.
Mariama Bayard Gamatié n’a ainsi recueilli que 0,38% des voix à la présidentielle tenue en janvier au Niger. Pour cette candidate, son échec s’explique en partie par l’indifférence des médias face à sa candidature. Elle pense néanmoins que son exemple peut inspirer d’autres femmes politiques africaines. Mariama Gamatié a ainsi participé à la campagne électorale de la Béninoise Marie-Elise Gbèdo.
Au Cameroun, pour les prochaines élections de son pays, le Cameroon People's Party a investi Edith Kah Walla comme candidate à la présidentielle d'octobre 2011. Connue au grâce à sa réussite professionnelle et ses activités militantes, la fondatrice de Cameroun O' Bosso, elle figure sur la liste des « 150 femmes qui font bouger le monde », établie par l'hebdomadaire américain Newsweek en 2011.
Pour la défense des droits de leurs concitoyennes et concitoyens
En République démocratique du Congo, Angèle Makombo Eboum qui est candidate à la présidentielle de novembre 2011, estime quant à elle que les femmes sont au centre de l'activité africaine et s'interroge sur le manque de représentativité politique de la gent féminine:
«les femmes sont capables de changement. La vie à Kinshasa en donne bien l’illustration la plus patente. Ce sont les femmes qui nourrissent les familles. Elles font étudier les enfants. Pourquoi le Congo ne ferait-il pas comme le Liberia, la Thaïlande, le Brésil, l’Allemagne où le pouvoir d’Etat est exercé par des femmes?»
Mariama Bayard Gamatié s’est longtemps battue pour faire valoir les droits de ses concitoyennes. Le public la découvre lorsqu’elle dirigeât la marche du 13 mai 1991 pour réclamer la prise en compte des femmes lors de la Conférence nationale souveraine. C’est grâce à elle que les Nigériennes ont leur journée nationale le 13 mai au Niger.
Désormais ministre de la Justice du gouvernement de Boni Yayi, la Béninoise Marie-Élise Akouavi Gbèdo a été une avocate qui a bataillé dur pour réviser le code de la famille. Son combat a permis la suppression de la polygamie et du lévirat, une coutume selon laquelle on considère que la femme fait partie du patrimoine de l’homme.
Le Rwanda: un exemple de parité
Au Rwanda, la parité politique au pouvoir n’est pas un vain mot. Suite aux élections législatives de 2008, 45 femmes ont été élues au parlement du pays sur un total de 80 sièges. Avec 56% de femmes à la chambre des députés, le Rwanda est le premier pays au monde à avoir plus de femmes que d'hommes au sein du parlement.
Une particularité qui, de l’avis de Kareen Jabre, responsable du programme « femmes en politiques » à l’union interparlementaire (UIP), serait due « aux rôles des femmes pendant le génocide ». « En 1994, après ces événements tragiques, il fallait reconstruire le pays sur des meilleures bases et c’est tout naturellement qu’on a fait appel aux femmes en politique », explique-t-elle.

