L'Afrique a toute sa place à prendre sur le marché des noix, en particulier des noix de cajou, de pécan et de macadamia. Un marché qui connaît une forte croissance grâce à la hausse de la demande en Asie et au Moyen-Orient. Dans ce contexte, l'Afrique peut devenir un acteur majeur non seulement dans la production de ces fruits secs, mais dans leur transformation.
Le continent africain fournit déjà 38% de la production de noix de cajou mais seulement 10% des noix transformées. Aujourd’hui, de nombreux producteurs africains se rassemblent et développent de véritables filières de transformation. Ils contribuent ainsi activement à la diversification de l’agriculture africaine en lui ouvrant des perspectives de développement.La production de noix de cajou
Sur le plan alimentaire, le marché de la noix de cajou est d’autant plus important qu’elle est la 3e « noix » la plus consommée dans le monde après l’amande et la noix de noyer. De 70% dans les années 70, l’Afrique est tombée à 30% de la production mondiale dans les années 2000 en raison de la percée de l’Inde et du Viêt-Nam, les actuels leaders du secteur. l’Inde est ainsi devenue le premier producteur mondial, le premier transformateur et le premier exportateur mondial de cette noix.
L’Afrique, après des années de crises, connaît une véritable renaissance de ses plantations, surtout au Kenya et en Tanzanie. Mais le continent africain exporte à l’état brut sa production: 90% de la production, soit 350 000 tonnes, partent donc chaque année vers l’Inde où les noix y sont décortiquées avant de repartir vers les États-Unis, premiers importateurs au monde, et en Europe. Il en résulte un manque à gagner considérable pour les pays africains dans ce processus. Car en exportant toute cette quantité de noix vers l'Inde qui en assure la transformation, elle perd le contrôle de la mise en marché du produit final; ce qui implique une perte sèche estimée à 50 millions de dollars annuels.
Le principal enjeu pour les pays producteur africains est désormais d’implanter des unités locales de transformation afin de permettre aux industriels locaux de maîtriser leur coût de production, les prix sur le marché international et le volume de commandes de leurs clients. Des initiatives allant dans ce sens voient le jour aujourd’hui notamment en Afrique de l’Ouest.
Le défi de la transformation locale
Une quinzaine de pays producteurs africains, réunis au sein de l’Alliance africaine des producteurs de noix de cajou, ont lancé de nouvelles pistes pour le développement de la filière. On compte, dans les différentes actions, la mise sur pied de véritables plans d’affaires et surtout des changements techniques et technologiques en vue d’améliorer l’efficacité et la productivité des entreprises.
L’exemple du Bénin, 5e producteur mondial, est intéressant à cet égard. Depuis le début des années 2000, Porto-Novo a multiplié les initiatives dans la filière cajou et les résultats sont encourageants: le pays engrange chaque année entre 15 à 20 milliards de francs CFA de revenus d’exportation.
Les producteurs africains misent également sur le développement d’une véritable filière bio qui représente une valeur ajoutée non négligeable sur le marché international.
La production des noix de Pécan et de Macadamia
La noix de pécan connaît une augmentation graduelle de la production en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Quant à la noix de macadamia, elle sort de son fief sud-africain pour s'étendre peu à peu du Zimbabwe au Kenya en passant par le Mozambique et le Rwanda. Il faut bien entendu attendre plusieurs années avant d’obtenir des fruits. L’augmentation de l’offre ne se fera vraiment sentir que dans quelques années.

